BSG Non classé

BSGeekeries du week-end

Avant dernier épisode probable de BSGeekeries, on prend un bon bol d’air avant l’épisode final de 3 h diffusé en deux fois les deux prochaines semaines. Attention, spoilers majeurs en-dessous de la première vidéo .

  • A quoi reconnait-on une série culte ? Au nombre de parodies qu’elle inspire comme mon colloc’ est un cylon.
  • J’ai de plus en plus de sympathie pour les centurions, la version robot des cylons qui se trouvent systématiquement réduits en esclavage. Cette petite vidéo est bien marrante  : we were centurions

Attention, c’est parti pour les SPOILERS sur les 3 derniers épisodes diffusés ….

Le retour d’Ellen

Comme beaucoup, j’ai été un peu déçu de l’épisode du retour d’Ellen sur Galactica. D’abord, j’ai fait un blocage très clair sur le fait que Boomer ait retrouvé si facilement Galactica. On comprend mieux ce qui s’est passé réellement dans l’épisode suivant, mais bon, cela m’a pas mal gâché cet épisode.
Ensuite, il fallait bien solder les comptes de la relation Tigh/Caprica. Cette grossesse m’a toujours paru bizarre dans l’histoire, je pense que les scénaristes auraient pu très bien s’en passer, surtout pour la terminer ainsi. C’était en revanche assez amusant de voir Ellen redevenir bitchy face à son homme. Fondamentalement, c’était un épisode distrayant, mais un peu « gâché », il faut bien le dire.

Une question qui n’a pas vraiment été résolue dans la suite : comment Saul vit-il avec ses femmes maintenant ? J’ai l’impression qu’Ellen a réintégré ses quartiers tandis que Caprica a dégagé, mais ce n’est pas clair du tout en réalité. Saul est-il bigame ?


Somebody to watch over me

Heureusement, on a retrouvé bien vite la qualité et la densité de cette demi-saison dès l’épisode suivant. Cette scène est l’une des meilleures de la série à mon avis :

Evidemment, seuls les BSGeeks peuvent vraiment comprendre cette scène, mais Bear McCreary (compositeur de la musique du show) sur son blog explique bien sur quoi repose sa puissance :

With the introduction of my arrangement of All Along the Watchtower in the Season Three finale, my music had seeped into Battlestar Galactica’s fictional universe in strange and unforeseen ways. Characters within the universe began to hear the very soundtrack that had been only heard by the audience before. The traditional boundary between score and narrative was momentarily shaken.

After that episode, I continued to test how far I could push the music into the characters’ world without disrupting the illusion for the audience. However, nothing prepared me for my work on Someone to Watch Over Me. In this episode, that boundary between score and music within the fictional world was shattered permanently. Tonight, my music flooded into the crowded halls of the Galactica. The score was not only heard by the characters, but it impacted them profoundly, perhaps even intertwining with their very destinies. I cannot recall a television series, play or film that integrated score and narrative in this audacious fashion. I hold Someone to Watch Over Me among the most important works my entire career thus far.

Oui, c’est la première fois à ma connaissance aussi que la B.O d’un film ou d’une série devient un personnage à part entière, avec sa propre dynamique, sa propre interaction avec les acteurs. Le fait de voir Kara se rappeler et jouer elle aussi la musique des Final Four résout et pose à la fois de nombreuses questions. Cette musique, nous, spectateurs, nous l’avons entendue pour la première fois à la fin de la saison 3, lorsque les 4 cylons finaux sont activés au même moment où Kara revient des morts. Mais en réalité, à l’époque du tournage, le choix de la musique n’avait pas été fait. Les acteurs jouant les cylons devaient faire comme s’ils entendaient une chanson, « All along the watchtower ». La musique ne fut ajoutée que bien après le tournage, comme dans un film classique.
Du coup, en tant que spectateurs, au fond, nous ne savions pas ce qu’entendaient réellement les cylons. Ils avaient le sentiment d’entendre une chanson, mais, pour reprendre une expression de la série, les logiciels sont-ils capables d’entendre ?
Lorsque Kara joue la mélodie des cylons finaux, toutes les frontières entre spectateurs et acteurs, cylons et humains, s’effacent. C’est pour cela que cette scène est pour moi l’une des plus fascinantes de la série.

En parallèle, j’ai aussi beaucoup aimé l’histoire Boomer/Tyrol, bien amenée, bien menée, et bien conclue par l’enlèvement d’Hera par Boomer, dont on comprend maintenant mieux les coulisses du retour à Galactica. On apprend d’ailleurs sur le blog de McCreary que des versions longues de tous ces épisodes sont prévues pour le DVD, dans lesquelles on verra comment Tyrol finit au cachot du fait de sa trahison (via Galactica Sitrep)

Une question reste en suspens pour moi : maintenant qu’Hera est prisonnière de Cavil, pourquoi les cylons n’attaquent-ils pas la flotte ? Est-ce parce qu’ils pensent avoir encore besoin des Final Five ?

Islanded in a Stream of Stars

L’épisode qui fait le point sur la situation avant l’apothéose de la série, la lutte finale humains/cylons. On s’arrête sur tous les personnages importants :

  • Starbuck d’abord. Elle accepte enfin sa situation de mort-vivant, fait la paix avec elle-même. Comme lui dit Lee, peu importe ce qu’elle est, l’important est qu’elle soit là, même si elle ne comprend pas sa nature profonde. C’est en droite ligne avec le message fondamentalement existentialiste que veut nous faire passer BSG
  • Tigh ensuite.  Depuis plusieurs épisodes, il est le véritable leader moral de la flotte. Pour une raison simple : il est le seul à avoir vraiment choisi là où il est et ce qu’il est. Tous les autres membres de la flotte sont des « malgré nous », errant dans l’espace sans autre but véritable que de survivre.  Tigh, au contraire, est l’un des seuls à avoir eu le choix, lorsqu’il a appris qu’il était en réalité un cylon. Et il est seul à avoir réellement décidé ce qu’il voulait être :  un homme, un officier de la flotte coloniale, en dépit de sa nature profonde cylon. Des cylons finaux, il est d’ailleurs le seul à être vraiment en paix avec lui-même.
  • Lee était relativement discret ces derniers épisodes, sa véritable mutation a eu lieu dans la première partie de la saison, lorsqu’il est devenu de facto Président de la flotte, rôle qu’il n’a pas vraiment quitté depuis
  • Le duo Roslin/Adama est à l’image de Galactica : mourant et résigné. Une agonie réelle pour Roslin, symbolique pour Adama qui montre de nombreux signes de faiblesses et semble de moins en moins capable de mener la flotte. Tous deux ont néanmoins accepté cette situation et font pour le mieux.
  • Baltar lui aussi finit sa mue. Il est clairement devenu maintenant l’instrument de ces « anges » dont on ignore encore aujourd’hui la nature et le but exacts.  C’est peut-être pour moi l’un des plus grands mystères de BSG : qui sont donc ces personnages que seuls Baltar, Six – et maintenant Starbuck- imaginent ?
  • Caprica Six a fini son évolution et fait vraiment partie de l’humanité dorénavant. J’ai beaucoup aimé la scène du début de l’épisode où Baltar et Six se croisent,  se confrontent. On comprend alors que Baltar n’a jamais réussi à se dépasser et à grandir, contrairement à Six qui a paradoxalement appris à accepter et à aimer l’Homme à ses côtés.
  • Helo et Athena sont paumés, ayant perdu pour la deuxième fois leur fille. On a le sentiment que cette fois, la fracture entre eux est trop grande et qu’ils risquent de sombrer chacun de leur côté
  • Boomer  ne peut plus renier sa nature humaine. Son amour pour Tyrol mais aussi pour Héra, symboles de la vie qu’elle n’a pas pu  avoir, la rattache en réalité pour de bon à la flotte. Elle paiera certainement le prix de sa trahison, mais peut-être sera-t-elle pardonnée…
  • Enfin, Galactica, personnage à part entière, se meurt. Avec elle s’achèvera la série, et l’humanité telle que nous la connaissons…

Un excellent épisode donc, qui réussit le tour de force de balayer toutes ces questions en moins d’une heure ! Et réussit même à poser une nouvelle question brûlante : cette planète géante que croise Boomer, ne serait-elle pas notre Jupiter ?

About the author

Tom Roud

Blogger scientifique zombie

Leave a Comment