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Obama au plus haut des cieux

La soirée électorale a été assez étrange. Sur le coup de 21h, la Pennsylvanie et l’Ohio étaient tombés dans l’escarcelle d’Obama, la messe était dite.

Impression assez étrange. En France, on a un court suspense avec les résultats qui tombent à 20 h précises. Ici, aux USA, tout le monde avait compris assez tôt, on attendait juste la confirmation officielle. Les TV ne voulaient pas annoncer le nom du vainqueur, mais on ne pouvait pas en dire autant des invités politiques ou des représentants élus ou battus. Ainsi, Christopher Shays, qui a perdu le dernier siège républicain de Nouvelle Angleterre dans la chambre des Représentants en délivrant le discours suivant :

““If you think we lost this race because we didn’t go negative, you’re wrong. We were overcome by a tsunami.

C’est assez représentatif de l’état d’esprit des Républicains interviewés ce soir, une espèce de résignation impuissante devant la vague Obama.

Côté démocrate, beaucoup d’émotion évidemment, mais tous se sont attachés à revenir sur le côté historique de l’élection d’un « afro-américain » (rappelons qu’à ce moment, Obama n’était pas encore officiellement élu, ce qui était un peu étrange). Martin Luther King a été plusieurs fois cité; tous ont souligné à quel point il est incroyable que 50 ans après la fin de la ségrégation un Noir accède à la Présidence.

Les commentateurs ont disséqué la « Stratégie Obama ». Gagner chez les jeunes, les noirs, les hispaniques, et « recomposer » le paysage électoral, en allant chercher les Républicains dans les Etats où ils sont habituellement intouchables. Apparemment, cela a très bien marché, un certain nombre de « Red States » traditionnels ne sont plus assurés aux Républicains (Virginie, Caroline du Nord …).

La confirmation « officielle » est venue à 23h précise, lorsque les bureaux de vote ont fermé sur la côte Ouest. A 22h59, Obama avait 207 grands électeurs confirmés. Une minute plus tard, tous les grands électeurs de la côte Ouest ont alors été, sans surprise, attribués à Obama, ce qui lui a permis de dépasser la barre fatidique des 270.

Célébrations un peu partout, la foule en liesse.

McCain a fait ensuite un très bon discours, très sobre, très émouvant en fait. Il a félicité Obama, insisté lui aussi sur le côté historique de l’élection, proposé son aide au « president elect », remercié sa maman. A la fin, j’étais sincèrement triste pour lui. Palin a versé quelques larmes; j’ai imaginé un duel Obama-Palin en 2012, je pense que ce serait assez désastreux pour les Républicains.

A l’heure où j’écris ce billet, Obama est en train de conclure son discours de victoire, parlant semble-t-il d’une vieille dame, Anderson Cooper (comme le journaliste de CNN ?) Ann Nixon Cooper, qui aura vu de son vivant l’essor de l’aviation, un homme sur la Lune, la fin de la ségrégation et un Président Noir. « Yes we can » reprend la foule. Obama m’impressionne vraiment, c’est assez incroyable de voir un type aussi brillant arriver à se faire élire en assumant son côté intello, après une campagne parfaite, sans démagogie, sans coup bas.

Soirée vraiment vraiment historique je pense, je suis heureux d’avoir vécu cela depuis les US, et je commence à adorer ce pays …

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Tom Roud

Blogger scientifique zombie

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