Deviendrons-nous débiles en lisant le Monde (et Trends in Genetics) ?

Tribune tout bonnement hallucinante publiée dans Le Monde, intitulée « allons-nous devenir débiles ? ». L’argument central est le suivant:

En faisant émerger notre cerveau, l’évolution darwinienne a cependant créé les conditions de sa propre éradication : nous avons considérablement adouci les rigueurs de la sélection en nous organisant en société humaine solidaire. L’effondrement de la mortalité infantile est la traduction de cette moindre pression sélective. Elle touchait environ 20 % des enfants au XVIIe siècle, aujourd’hui autour de 0,3 %… Beaucoup des enfants qui survivent de nos jours n’auraient pas atteint l’âge de la reproduction en des temps plus sévères. La sélection aboutit finalement à se supprimer elle-même : il n’y a notamment – et fort heureusement – plus d’élimination des individus qui ont de moins bonnes capacités cognitives.

Cela n’a évidemment aucun sens. La raison est simple: la pression de sélection qui a disparu (en gros, ici, la mortalité infantile) n’a absolument rien à voir avec le trait prétendument sélectionné (les capacités cognitives). A moins de penser qu’XVIIième siècle, les enfants plus intelligents auraient eu une chance plus importante de parvenir à l’âge adulte ! On pourrait toujours invoquer des arguments spécieux sur les parents plus intelligents pouvant mieux protéger leurs enfants, mais, compte-tenu des causes majeures historiques de mortalité infantile, largement aléatoires (maladies, guerres, etc…) on a beaucoup de mal à voir comment les capacités cognitives aient quoi que ce soit à voir avec la mortalité infantile.

Notre « fragile intellect »

Il faut donc essayer de remonter à l’article original auquel fait référence cette tribune pour y voir plus clair. Il s’agit vraisemblablement de celui-ci ( Our fragile intellect. Part I, Gerald R. Crabtree, Trends in Genetics, Volume 29, Issue 1, 1-3, 13 November 2012. doi:10.1016/j.tig.2012.10.002 ), et son chapitre II (notons que l’auteur de la tribune du Monde ne fait pas la différence entre Cell et CellPress, il n’a peut-être pas le gène correspondant ;) ). Les 2 articles sont clairement plus des articles d’opinion scientifique que des articles de recherche en soi, publiés dans une section intitulée « Forum:Science et société » (j’y reviens plus bas).

Le premier article peut se résumer ainsi: une estimation « conservatrice » donne que 2000 à 5000 gènes ont été optimisés chez les humains pour aboutir à des fonctions cognitives supérieures. D’autre part, ces gènes ont en réalité des effets largement « indirects », dans le sens où ils affectent probablement plus des fonctions biologiques générales, pas nécessairement liées à la cognition. A titre d’exemple, Crabtree affirme qu’une grande partie des maladies génétiques humaines en général ont un impact cognitif. Or, par ailleurs, les mutations délétères mineures s’accumulent dans notre génome, du fait d’une sélection naturelle « moindre ». L’argument est donc le suivant: énormément de gènes sont impliqués dans la cognition « en général ». Or les mutations s’accumulent aussi « en général » à cause du manque de sélection naturelle dû au progrès humain. Ergo, les fonctions cognitives à l’échelle de la population vont s’en trouver impactées « en général ». Cela ressemble à première vue à un argument sur le mode des « Good Genes » (voir ce très vieux billet) mais ce n’en est en fait pas un.

Crabtree précise son idée dans la partie II de l’article, tentant d’expliquer comment l’intelligence a pu d’abord apparaître. Crabtree affirme tout d’abord que l’intelligence « humaine » est apparue entre -500 000 ans et -50 000 ans avant notre ère, bien avant l’invention de l’écriture, et que c’est à ce moment que les pressions sélectives se sont mises en place pour « optimiser » notre cerveau.

Crabtree affirme ensuite que le QI n’est pas « autant » héréditaire que, par exemple, la couleur des yeux. Selon lui c’est le signe pour maintenir l’intelligence à haut niveau, il faut des pressions sélectives extrêmement fortes, et donc comme il n’y en a plus aujourd’hui, tout se dégrade ma bonne dame. En gros, Crabtree a une image de l’intelligence comme une petite chose fragile, hyper-optimisée, devant être maintenue constamment à bout de bras par l’évolution:

This optimization probably occurred in a world where every individual was exposed to nature’s raw selective mechanisms on a daily basis. In the transition to surviving by thinking, most people (our non-ancestors) probably died simply due to errors of judgment or a lack of an intuitive, non-verbal comprehension of things such as the aerodynamics and gyroscopic stabilization of a spear while hunting a large, dangerous animal.

Vous lisez bien: pour survivre au Néolithique, il fallait chasser, et donc avoir une compréhension presque magique de la stabilisation gyroscopique d’une lance.
C’est là où la société efface la pression darwinienne car en permettant à ces péquenots incapables de chasser de survivre, évidemment, notre compréhension magique de F=ma et des équations d’Euler n’a plus été maintenue efficacement par la sélection naturelle. Du coup, notre cerveau hyper brillant a commencé à se dégrader …


It’s the environment, stupid ?

Pour résumer, il y a 3 points centraux à la démonstration:

  • l’intelligence est largement génétique
  • l’intelligence est hyper optimisée ce qui la rend fragile
  • les pressions sélectives sur l’intelligence ont totalement disparu

Le sujet est sensible, un peu de nuance ferait du bien d’autant que ces 3 points sont, à mon sens, largement critiquables:

1. l’idée que les différences d’intelligence sont, d’abord et avant tout, le produit de nos gènes, est contestable. C’est d’ailleurs frappant de voir à quel point les discours sur la génétique ne peuvent s’empêcher d’être largement essentialistes, et, pire, ont depuis longtemps largement débordé le cadre scientifique pour s’inviter dans les débats de société en général, comme si l’essentialisme allait de soit. Qu’on pense dans un contexte complètement différent aux discours actuels de la droite conservatrice française sur l’importance de la « filiation »…

La tribune du Monde comme l’article de Crabtree renvoient tout au gène et minimisent complètement l’environnement ou l’apprentissage comme processus actif de construction des fonctions cognitives dont ils parlent. Aucun argument sur l’héritabilité (ou non) du QI ne peut faire abstraction de l’influence de la famille et de la société sur la formation du cerveau lui-même durant l’enfance, sur le feedback entre le social et le biologique, sur la plasticité du cerveau (cf aussi les « débats » autour des chroniques de Sebastien Bohler qui sont du même ordre). Un exemple parmi d’autre: il est très bien connu que la faculté d’apprendre le langage n’est limitée qu’à une période de la vie, la petite enfance. Le câblage permettant de parler n’est donc pas déterminé génétiquement: il n’apparaît que via l’interaction avec l’environnement.

On m’a dit un jour que c’est une conception marxiste de la génétique. Mais autant j’accepte très bien qu’un bras soit encodé fortement génétiquement, autant votre langue maternelle, votre religion ou votre modèle de société ne le sont pas (ou du moins pas totalement). Si le génome humain codait quoi que ce soit d’autre qu’un potentiel cognitif qui ne demande qu’à s’épanouir au contact de notre environnement, quasiment aucune évolution et variabilité culturelle ne serait possible, et pour le coup ce serait je pense effectivement un problème évolutif.

Notons enfin à ce sujet que l’auteur de la tribune du Monde est président de DNAVision, qui a manifestement tout intérêt (financier?) à encourager cette vision du tout génétique.

2. Il y a à mon sens mauvaise interprétation de ce qu’est un système complexe et émergent comme le cerveau ou le génome. A y regarder, c’est le point le plus sensible dans la démonstration, et aussi le plus répandu chez pas mal de mes collègues biologistes formés à l’âge de la génétique.

Crabtree semble penser par exemple qu’un système cognitif efficace est « hyper optimisé » et par conséquent fragile. Ainsi il décrit littéralement dans son article la fonction biologique comme une chaîne linéaire, et donc fragile à la rupture d’un seul de ses maillons. Or, un système vivant et complexe est davantage caractérisé à la fois par sa robustesse et sa faculté d’homéostasie (i.e. par son insensibilité aux paramètres tels que les gènes) et par sa capacité d’apprentissage et d’adaptation (conséquences bien souvent de nombreuses redondances). Certains vont même jusqu’à dire que le vivant en général est hyper-optimisé pour ne pas être fragile. Ne verrait-on pas énormément plus de variabilité dans la population si l’intelligence était un trait fragile ? Comme le dit Crabtree lui-même dans son article II, le miracle de l’intelligence ne réside pas dans la capacité à répondre correctement au Jeopardy ou à jouer aux échecs (ce que peuvent faire des ordinateurs) mais dans la capacité d’abstraction nécessaire à faire n’importe quelle tâche cognitives complexe réalisable par n’importe quel enfant de 5 ans – parler, comprendre, extrapoler, catégoriser – et pour l’instant inaccessible aux ordinateur. Il aurait d’ailleurs été intéressant que Crabtree définisse avec plus de précision ce qu’il entend par intelligence car il n’est pas clair que le QI dont il parle, par exemple, relève du même trait biologique que la compréhension de la dynamique des lances néolithiques (imaginez Sheldon Cooper chassant le mammouth … )

3. Enfin, il y a l’idée qu’il n’y a aucune pression sélective pour maintenir un niveau de cognition élevé pour les individus. C’est assez contestable je pense: il y a par exemple des tonnes d’idées sur les dynamiques d’interaction entre génétique et culture, notamment sur l’influence de la religion (c’est néanmoins souvent difficile de montrer quoi que ce soit et mériterait quelques recherches de ma part, en attendant on pourra voir les liens en bas de ce billet) . Ce qui manque aussi fortement dans les articles de Crabtree, ce sont des données pour soutenir ses thèses…


Bad Science buzz

Notons enfin le chemin mémétique dévastateur suivi par les idées exprimées dans ces articles. On commence par deux papiers de quasi-opinion dans une revue de revues d’Elsevier, qui sent un petit peu la carte-blanche laissée à une idée provocatrice pour faire le buzz (i.e. monter l’impact factor). Je découvre à cette occasion le « Guidelines » pour cette partie de « Trends in Genetics »

Forum: Science & Society articles are short pieces that aim to discuss important issues at the interface of academic research and society, such as those relating to policy or health. These articles should be aimed at a broad audience, written in a journalistic style, and are also intended to be provocative and to stimulate debate.

Science & Society articles should not include unpublished data, simulations or meta-analyses. Although subjective, a Science & Society article should not be used to dwell excessively on the author’s own research or excessively criticise the research of others, except where criticism is constructive. Our audience ranges from student to professor, and so articles must be accessible to a wide readership. Please avoid jargon, but do not oversimplify: be accurate and precise throughout.

Style journalistique, provocateurs, suscitant le débat, subjectifs. Je devrais peut-être y soumettre quelques-uns de mes articles de blogs, j’ai quelques idées.

Cela se traduit ensuite par une tribune dans les pages Science du Monde, nous les présentant comme 2 articles dans Cell faisant « l’effet d’une bombe », déformant largement la thèse de Crabtree en se focalisant sur la mortalité infantile, ne précisant pas le « modèle » de cognition à la base du raisonnement, par un auteur qui a tout intérêt à défendre l’idée sous-jacente qu’effectivement, nos gènes doivent être optimisés et réparés:

Cela veut-il dire que nos descendants vont tous devenir débiles en quelques siècles ou millénaires ? Evidemment pas ! Les biotechnologies vont compenser ces évolutions délétères.
(…)
La fin de la sélection darwinienne va nous pousser à pratiquer une ingénierie génétique de notre cerveau qui pourrait bouleverser notre avenir.

Manque de recul, de revue par les pairs (?), revue cherchant le style « provocateur », conflit d’intérêt, amenant à une quasi-défense de l’eugénisme: tout cela n’est pas très très joli pour l’image de la science, et quand cela finit dans les pages du Monde, le mal est fait.


A lire ailleurs sur le sujet

L’article de Crabtree a été abondamment critiqué sur les blogs anglophones lorsqu’il est sorti en ligne en Novembre (je ne m’explique pas comment cela a pu m’échapper à l’époque). J’ai trouvé ces 3 articles intéressants

Fragile intellect or fragile arguments?


Why it’s unlikely we are more stupid than our hunter-gatherer ancestors
, qui nous apprend par ailleurs beaucoup sur Fisher et Hamilton, deux pères de la génétique des populations à côté desquels Crabtree fait figure d’enfant de choeur sur tous les plans

Are People Getting Dumber? One Geneticist Thinks So

Le double-article de Crabtree est également l’un des seuls papiers que je connaisse à avoir une page Wikipedia rien qu’à lui ;) .


(Post-Scriptum: à un moment de ma vie de blogueur, je m’étais promis de ne bloguer majoritairement que pour m’enthousiasmer. Je dois dire que ces temps derniers, il se passe des choses tellement incroyables qu’il m’est difficile de me tenir à cette règle. Ce billet est rédigé un peu à chaud et je m’en excuse par avance)

29 réflexions au sujet de « Deviendrons-nous débiles en lisant le Monde (et Trends in Genetics) ? »

  1. système linéaire, robustesse, système complexe, optimisé…je savais bien qu’un jour l’automatique me servirait à quelque chose :)
    plus sérieusement merci de ces précisions. il y aurait d’ailleurs aussi des choses à dire sur la vision de l’évolution du grand public et des médias.
    un ami me parlait justement de cette tribune dans le monde hier, je m’empresse de lui fournir ce lien!

    • Oui, toutes ces notions sont quotidiennement utilisées en « systems biology », côté théorique en tous cas… Reste qu’il n’est pas clair que la biologie puisse être réduite à une sous-discipline de l’ingénierie, mais c’est un autre débat !

  2. C’est drôle, je discutais justement avec mon beauf’ qui me signalait une (vieille) publication, qui faisait état d’une supériorité intellectuelle des juifs ashkénaze, à cause d’une pression sélective plus importante ! (je viens d’en trouver la trace : http://nanojv.wordpress.com/2011/08/17/ashkenazes-cambridge-qi-quotient-intellectuel-superieur/ Disclaimer : je ne connais rien de ce site, et ne suis en rien solidaire, a priori, des propos qui sont tenus dessus )
    Cela me fait aussi penser à un film débile, où seule l’introduction est (très) amusante : « Idiocracy », où comment le monde finit par devenir débile… [sur Dailymotion : http://www.dailymotion.com/video/x3ot5h_idiocracy_fun#.UQWN2NfUr3w ]

    • Il y a des tas de trucs comme ça sur le peuple juif… Je n’y crois pas trop, contrairement à la prévalence de gènes « délétères » prédisposant à certaines maladies par pur effet de dérive génétique.

  3. « On m’a dit un jour que c’est une conception marxiste de la génétique. »

    C’était peut-être pour louer le souci d’exactitude qui la sous-tend, par contraste avec celles de ceux qui ne s’embarrassent pas de subtilités avant de conclure à la naturalité (et donc, à son irréparabilité par la puissance publique) de tout.

    • Je ne sais pas. Le Monde est quand même très lu, c’est une tribune publiée dans la version papier. Et puis, quand on caresse les gens dans le sens du poil, cela rentre mieux, en fait …

      • Je pense que Tom a eu raison dans le sens où peu de gens ont l’esprit critique actif lorsqu’ils lisent Le Monde, sous prétexte que c’est le journal le plus « neutre » en France. Moi-même pense me faire avoir de temps en temps..

  4. Mais non c’est très bien de faire ça, par contre tu prêches les convertis sur ton blog, c’est une réponse envoyée au Monde qu’il faut faire pour éviter de ce genre d’aneries. Surtout en période de n’importe quoi génétique en france où ces arguments « génétiques » servent à expliquer tout et n’importe quoi. Si les scientifiques ne posent pas clairement les bases de ce que la génétique peut faire ou peut expliquer, ces questions deviennent des points où tout un chacun doit répondre car ils font alors directement partie du débat. Merci pour le lien vers le billet de Sébastien Bohler

    • Je n’ai pas exactement le goût et l’envie de m’engager dans un duel de tribunes. En plus, il faut de la place pour critiquer le « tout génétique », car il faut exposer des arguments sur la longueur pour ne pas faire trop « bâteau ». C’est d’ailleurs pour ça que j’ai un blog !

  5. Excellent billet.
    La vraie phrase débile de la tribune est celle-ci : « Cela veut-il dire que nos descendants vont tous devenir débiles en quelques siècles ou millénaires ? Evidemment pas ! Les biotechnologies vont compenser ces évolutions délétères. »
    Ça fait un moment que la casquette DNAVision de Laurent Alexandre me dérange (est-ce que Roland Lehoucq ou Villani, autres auteur de cette rubrique carte blanche, défendent des intérêts privés ? je ne pense pas). Il n’est manifestement pas au courant que l’évolution culturelle ne supprime pas la sélection naturelle mais l’oriente différemment. La fin de la tribune sur le mode vive l’eugénisme est carrément inquiétante.

    • Merci.
      Je n’ai rien contre un petit peu de provocation et des vues iconoclastes (et c’est peut-être le rôle de ces « Cartes blanches »), mais le mélange de slopiness scientifique, de conflit d’intérêt et de cryptoeugénisme m’a vraiment gêné ici.

  6. Merci pour avoir remis les pendules à l’heure. Encore un exemple de ce qu’il ne faut absolument pas faire en sciences dures, divaguer sur des idées provocatrices en oubliant volontairement les faits de base. Pourtant rien dans notre formation de scientifique ne nous dit que ce genre de chose est à éviter totalement, et presque rien dans la communication scientifique avec le grand public ne remet les choses à leur place.
    Billet à diffuser le plus largement possible donc.

    • Encore une fois, je n’ai rien contre l’enthousiasme et l’extrapolation. Le problème c’est effectivement plus l’oubli des faits de base …

  7. Je suis d’accord avec tous les compliments et les commentaires ci-dessus, mais je suis géné par l’accusation de conflits d’interet entre la société DNAVision et la phrase sur les biotechnologies. Je crois comprendre sur leur site web que DNAVision est un centre de génomique, avec essentiellement des services de séquençage et de bioinformatique. Ils ne vendent pas, et ne développent pas de thérapies géniques ou biotechnologiques. (Full discolsure: je travaille dans un centre de génomique et nous offrons des services de séquençage et de bioinformatique!)
    Je ne mets pas tant en cause les commentateurs que l’auteur de la Tribune du Monde, qui fait du tort a sa boite et au secteur tout entier par ce genre de propos a l’emporte-pièce.

    Je ne comprends toujours pas l’article de Crabtree, c’est vraiment une enigme….

    • Disons que si tu vends de la techno de séquençage et de bioinformatique, ça peut être assez utile aussi pour faire du génie génétique, non ? Certes, ce n’est pas complètement la même chose, mais l’overlap ne me paraît pas si nul.

  8. Bonjour Tomroud

    Très intéressant ton article j’avais déjà eu vent de cette publication «Trends in Genetics» je suis même surpris que cette dernière ânerie n’avait pas généré plus rapidement des reprises plus mauvaises encore dans la presse et la blogosphère. Enfin bon que cet article sur la publication de «Trends in Genetics» soit le fait de Laurent Alexandre n’est pas une surprise sachant que ce derniers n’en est pas à son premier coup d’essai en matière de propos étrangement ambigus!

    http://science-recherche.over-blog.com/article-paleogenetique-et-diversite-humaine-110286162.html

    @Mr Pourquoi

    Concernant la soit disant supériorité génétique en matière d’intelligence des juifs ashkénazes ce sont de toute évidence des âneries idéologiquement motivés se basant sur une vision simpliste de l’Histoire des juifs ashkénazes, de la biologie de l’évolution et d’une grande méconnaissance de la littérature socio-anthropologique.

    http://www.ncas.rutgers.edu/sites/fasn/files/How%20Jews%20Became%20Smart%20%282008%29.pdf

    • Je crois me souvenir maintenant que j’avais vu passer des trucs sur l’article de Crabtree à l’époque, mais que j’avais haussé les épaules et passé mon chemin. Je deviens peut-être atrabilaire.

  9. Très bon billet, l’article du Monde m’avait interpellé justement. On pourrait ajouter comme contre-argument que le temps de l’évolution génétique (des milliers d’années au moins) n’a rien à voir avec le temps de notre révolution culturelle (quelques centaines d’années tout au plus).

    Par contre je me suis demandé si -à ce facteur temporel près- l’argument développé par Laurent Alexandre et de Crabtree serait plus pertinent si on remplaçait « capacités cognitives » par « capacités immunitaires » par exemple. Il n’y a effectivement – et fort heureusement – plus d’élimination des individus qui ont une moindre résistance physique aux maladies, aggressions etc. D’où (à très long terme) l’accumulation de mutations génétiques appauvrissant notre robustesse naturelle mais qui ne sont plus délétères puisque des médicaments prennent le relais…

    Dans des milliers d’années si l’on existe encore, cela voudrait-il dire que l’humanité serait débile non pas intellectuellement, mais physiquement?

  10. Cette hypothèse est une pure spéculation sans aucun fondement scientifique, un calcul idiot fait sur un coin de table qui à reçu le statu de “fait scientifique” par la grâce d’une douzaine d’imbéciles qui dirigent une revue de génétique et fascinés par la « mystique de l’ADN ».

    En 1883, soit il y a 130 ans, Francis Galton, le cousin de Charles Darwin, inventait l’eugénique et la justifiait avec des raisonnements en tous points semblables.

    Voici ce qu’écrit André Pichot dans “L’eugénisme ou les généticiens saisis par la philantropie” (1995):

    « A la fin du siècle dernier et au début de celui-ci, on dégénérait beaucoup ; c’était la mode, dans les cabinets médicaux comme dans les salons. On dégénérait par maladie (tuberculose, syphilis, malaria, etc.), ou bien par intoxication (éthylisme mondain et alcoolisme prolétarien, abus d’opium ou d’autres drogues). On dégénérait aussi par consanguinité (les familles royales donnaient l’exemple avec leurs hémophiles), ou bien par métissage (la colonisation avait multiplié les contacts avec les Noirs et les jaunes ; l’art nègre allait arriver, bientôt suivi par l’art « dégénéré »). On dégénérait à cause du déclin de la civilisation (les bonnes manières se perdaient avec l’avancée de l’industrialisation et du prolétariat) ou par excès de civilisation (les préciosités d’Oscar Wilde, les évanescences du symbolisme ou les arabesques de l’art nouveau, tout dénonçait une culture s’exténuant dans un raffinement morbide). Bref, on dégénérait pour une raison ou une autre, mais en tout cas on dégénérait.

    Simultanément, dans les mêmes cabinets médicaux et dans les mêmes salons, l’humanité progressait à pas de géant. Partout on célébrait la science. La médecine venait d’être révolutionnée par Pasteur ; les maladies reculaient devant les vaccinations, l’hygiène et l’asepsie, en attendant les premiers antibiotiques. La mécanisation triomphait, les machines tournaient, l’industrie produisait, les automobiles commençaient à rouler, et les avions à voler. L’électricité éclairait le monde, le radium l’irradiait, l’uranium bientôt l’illuminerait. Face à la dégénérescence généralisée (de la santé, des moeurs, de la politique et de l’art), la science et la technique se dressaient, derniers remparts de l’humanité et de la civilisation.

    Voilà le contexte dans lequel diverses doctrines « biologico-politico-sociales » voient le jour : le darwinisme social, l’eugénisme négatif et l’eugénisme positif. »

    La suite, on la connaît…

  11. Je pense que le lien entre mortalité des enfants et taux d’alphabétisme des parents doit être étudié. Beaucoup d’études ont démontré une forte corrélation entre le taux de mortalité infantile et le niveau d’éducation de la mère dans les pays en voie de développement. Le rôle des parents est essentiel. Pensez à ces parents « débiles » qui refusent de faire vacciner leurs enfants et leurs font courir tous les risques…

    •  » Pensez à ces parents « débiles » qui refusent de faire vacciner leurs enfants et leurs font courir tous les risques…  »

      Pensez à ces parents extrêmement débiles qui vont vacciner leurs enfants contre tout et n’importe quoi, la grippe et l’hep B, qui leur font courir des risques pour un bénéfice négligeable ou nul, alors que les preuves de la dangerosité de la multiplication des vaccinations sont de plus en plus flagrantes…

        • Simple touriste raconte n’importe quoi, donc pas de source, sauf les sites antivaccins qui se relaient les uns les autres et font de la propagande anti-vaccin. Personnellement je vois des petits allemands dont les parents refusent la vaccination arriver en consultation en hurlant de douleur… parcequ’ils se tapent une rougeole de folie et qu’ils risquent d’y laisser leur peau (simple touriste, va donc lire les complications de la rougeole, merci). Quant à l’hépatite B, le vaccin a été accusé à tort d’effets secondaires neurologiques, mais vu le nombre de vies qu’il sauve (et oui l’hépatite B est potentiellement mortelle et se transmet par la salive, mais si vous ne voulez pas faire vacciner vos enfants, demandez vous quelle sera votre culpabilité quand ils seront contaminés…) il ne risque pas d’être interdit. Bref, quand on n’y connait rien, on devrait se taire. Etonnant que les antivaccins viennent sévir également ici, ça doit leur donner l’impression qu’ils tiennent des propose intelligents… Quitte à critiquer un vaccin, au moins prenez un exemple de vaccin inutile: les vaccins homéopathiques… qui ne font qu’enrichir l’industrie pharmaceutique, et n’ont jamais protèger personne…

          • désolée pour les fautes d’orthographe, je ne peux pas les corriger

  12. Bonjour,
    « l’idée que les différences d’intelligence sont, d’abord et avant tout, le produit de nos gènes, est contestable. » Quelles sont les références bibliographiques permettant cette affirmation ?
    Que penser alors de l’étude de Bouchard sur les vrais jumeaux séparés à la naissance ? Depuis 1979, l’étude de 100 paires de jumeaux monozygotes et hétérozygotes, soit séparés à la naissance et élevés séparément, soit élevés ensemble, a été effectuée. Ces jumeaux ont été soumis pendant 1 semaine, à l’Université du Minnesota, à des tests psychologiques et physiologiques. Les résultats ont révélé que 70% environ de la variance du quotient intellectuel étaient sous la dépendance de facteurs génétiques. Les tests de la personnalité, du tempérament, des habitudes au cours du travail, des loisirs et des attitudes sociales ont mis en évidence une très grande similarité entre les jumeaux monozygotes élevés séparément et ceux qui étaient élevés ensemble.
    Bouchard, T.J., Lykken, D.T., McGue, M., Segal, X., & Tellegen, A. (1990)
    Sources of human psychological differences: The Minnesota study of twins reared apart
    Science, 250, 223-229

    • Bonjour,
      l’expérience pertinente (et impossible) pour la thèse de LA et de Crabtree serait de faire les jumeaux séparés à des époques différentes. Or on a des espèces d’expériences naturelles permettant de voir que l’environnement d’une époque joue énormément sur le QI justement: c’est le fameux http://en.wikipedia.org/wiki/Flynn_effect
      montrant, en gros, que le QI augmente au fil des générations. Ce qui suggère une forte influence de l’environnement sur le QI.

      Une analogie utile ici est l’évolution de la taille de la population. Les gens sont de plus en plus grands et c’est évident que la taille a une relativement forte détermination génétique (même si ce n’est pas clair comment ça marche). Mais l’augmentation globale de la taille a plus à voir avec l’amélioration de l’environnement qu’avec autre chose.

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