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Exception culturelle

Son meilleur ami et colocataire, Leonard, est un physicien expérimental par conséquent régulièrement moqué par Sheldon, qui estime que l’expérience est mineure par rapport à la théorie au QI de 173. Tous les deux sont titulaires d’une thèse ils s’appellent d’ailleurs souvent «docteur» et éprouvent du mépris pour la formation de Howard, le troisième de la bande, simple ingénieur du pourtant prestigieux Massachusetts Institute of Technology (MIT). Cette supériorité de la thèse par rapport au diplôme d’ingénieur est typique des États-Unis. Comment imaginer que dans une sitcom française deux docteurs de l’université de Paris-Sud XI puissent se moquer de leur ami, simple ingénieur de Centrale ou des Mines ?

Tout droit tiré de cet article du Figaro sur The Big Bang Theory. Ce qui fait le plus peur, c’est cette façon de représenter la situation US comme une espèce d’anomalie culturelle. Il ne viendrait jamais à l’idée à un journaliste du Figaro qu’une formation par la recherche dans une des meilleurs universités françaises, comptant dans son personnel enseignant quelques médaille Fields et prix Nobel (avérés ou potentiel), soit même comparable à un diplôme d’une micro Grande Ecole, bien en cours dans Paris intra-muros. Le Figaro n’a-t-il donc jamais lu le classement de Shanghai dont il se gargarise pourtant régulièrement pour justifier la politique gouvernementale en matière de recherche ? L’inspiration du système américain pour réformer le système français s’arrête à la porte de nos préjugés nombrilistes.

Ajout 19h :

Le Figaro devrait lire Le Figaro, en particulier cette interview de notre ministre :

En Allemagne, l’embauche d’un jeune doctorant, c’est la norme. En France, le recrutement reste archaïque. Quand je vois certains patrons affirmer qu’ils ne prendront pas de doctorants, je trouve cela absurde. Ils doivent dépoussiérer leurs habitudes.

Certes, Wauquiez n’a pas l’air d’avoir bien compris la différence entre doctorant et docteur, ce qui en dit long, mais c’est l’intention qui compte.

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Tom Roud

Nanoblogger scientifique, associate professor incognito (ou presque). Suivi par @mixlamalice

9 Comments

  • Je ne comprends pas bien le sens de cet article. En France, un doctorat ne permet pas d’enseigner, et n’est d’ailleurs pas pris en compte dans le barème d’un enseignant du premier degré. N’y a-t-il pas là une étrange exception?

  • Je ne comprends pas ce que vous ne comprenez pas 😉 . Ce billet déplore surtout que la France considère encore et toujours que le diplôme d’ingénieur est l’alpha et l’omega des formations, et que le doctorat soit en comparaison dévalorisé, ce qui n’a aucun sens (et se retrouve peut-être effectivement dans les barèmes des enseignants).

  • En France, il n’y a que les médecins qui font des études au-delà de BAC+5 : jusqu’à il y a 10 ans et la fin du service militaire, les médecins étaient les seuls à pouvoir repousser leur service militaire pour cause d’études. Les autres ne poursuivent pas d’études : ils traînent juste quelques années de plus à l’université. En tout cas, c’est ce que pensent à peu près tous les recruteurs que j’ai pu rencontrer et avec qui j’ai pu discuter du sujet (et le verbe « traîner » est utilisé à dessein).

    D’ailleurs, encore aujourd’hui, il n’y a que les médecins qu’on appelle « docteur », n’est-ce pas ? (Les autres ne sont-ils pas de « vrais » docteurs, alors ?)

    PS : Dois-je vraiment le préciser ? Même si je suis moi-même ingénieur (dans le privé, bien sûr), ce que j’ai écrit plus haut ne correspond pas à ma propre opinion sur les docteurs : c’est seulement le sentiment que j’ai pu unanimement rencontrer dans le milieu que je fréquente depuis je travaille. Le Figaro ne fait donc que reproduire l’idéologie dominante (que, à mon avis, on rencontre aussi à coup sûr dans l’entreprise Le Figaro…)

  • @HollyDays : Ce qui est amusant c’est cette notion qu’à l’université, on traînerait plus que ceux qui pantouflent dans des grandes boîtes, par exemple ….

    (sinon merci pour les interventions dans le fil neutrinogate, faut que j’y retourne d’ailleurs)

  • Faisant mes études au Canada je ne vois pas cette supériorité décrite par le journaliste. Les docteurs sont bien souvent ingénieurs car c’est leur formation de base (bachelor / baccalauréat) et ils se spécialisent ensuite avec des études graduées. En fait j’ai toujours eu l’impression que Sheldon et Léonard se moquaient de Howard car il n’avait pas fait autant d’années d’études qu’eux… (d’ailleurs ils ont peut-être eu aussi un b.sc en génie physique ce qui en ferait également des ingénieurs).

  • @ bob : la moquerie, elle est plus phD vs Master que docteur vs ingénieur, effectivement. Mais c’est le genre de choses qui échappe complètement à un journaliste du Figaro, qui, en bon français, considère que des études sérieuses s’arrêtent à bac+5.

  • A propos de du mépris des docteurs US envers les ingé, Sheldon dit : « Engineering… where the noble semi-skilled laborers execute the vision of those who think and dream. » (épisode 112). Ce genre de blague serait effectivement bien difficile à expliquer en France.

  • L’article est tout de même très mal écrit avec plein de fautes d’orthographe et de syntaxe. Je m’étonne toujours quand je vois quelqu’un dont c’est a priori la base du métier ne pas savoir écrire correctement même un français basique (secrétaire, journaliste…).

    Sinon, tu aimes te faire mal: lire les articles du Figaro et poster/lire des commentaires, c’est pas loin du masochisme…

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