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Une journée ordinaire

Je trouve que j’ai du mal à travailler en ce moment. Aujourd’hui, j’ai essayé de noter tout ce que j’ai fait, pour voir où ça coince. Bilan.

7h00 : lever

7h01 : vérification de la simulation de la nuit. Marche pas. Je pense de plus en plus que mon idée est pourrie. Je pense que je vais laisser tomber

7h05 : lecture d’e-mail

7h10 : twitter, le monde, etc…

7h30 : me demande comment je vais organiser ma journée pour trouver le temps d’écrire mes grants

7h31 : et mes lettres de recommandation

7h32 : et les 3 papiers en cours d’écriture

7h33 : et la présentation que je dois donner lundi

7h34 : regarde photos du 11 Septembre

7h35 : vais sur Facebook pour la première fois depuis …

7h37 : retourne sur twitter

7h50 : envoie mails pros sur la grant

8h00 : mon pain vient de subir une défaite éclair contre Neurospora Crassa. Congélateur ->Grille-pain

8h05 : Me demande si je ne passe pas trop de temps à rédiger des grants plutôt que de réfléchir à la vraie science. Ma femme me dit que je suis mal barré. Elle a raison.

8h10 : considère 1 seconde devenir prof de lycée, et passer une partie de mon temps à bloguer/twitter sur la science. Ma femme me dit que je suis mal barré. Elle a raison.

8h15 : un cri, ma fille se reveille

8h20 : on joue aux autocollants. Je m’éclipse pour me doucher

8h45 : j’ai fini de me préparer/petit déjeuner/faire la vaisselle. Je m’occupe de ma fille.

9h15 : après un travail collectif, on décolle en famille. On se splitte dans le métro, je suis en retard, j’ai RDV à 10h

9h45 : arrivée dans mon building

9h50 : je harcèle mon chair pour avoir une signature pour mes grants

9h55 : mon chair a signé. Merci patron !

10h05 : mon étudiant arrive pour le RDV. Il repart aussitôt pour aller chercher un papier. Pas compris pourquoi.

10h15 : mon étudiant ne revient pas. J’en profite pour écrire des lettres de recommandation

10h40 : toujours pas d’étudiant. J’ai fini mes lettres. Je vais voir le Dean of Science pour avoir une autre signature sur mes grants.

11h00 : retour au bureau. Mon étudiant n’est toujours pas là.

11h15 : mon étudiant revient. Il m’explique les cours qu’il va prendre. Il s’est bien débrouillé (mais je n’ai toujours pas compris pourquoi il est parti 1 h, pas grave). On discute rapidement de ce qu’il va faire la semaine prochaine alors que je suis en conf.

11h50 : j’ai faim, je pars manger avec ma femme.

12h40 : retour au bureau. Rédaction de grants.

13h30 : j’ai un RDV avec un speaker. Il n’arrive pas.

14h00 : le speaker arrive

14h01 : mon autre RDV de 14h00 aussi. Je m’excuse platement et dis à l’étudiant de repasser dans 1/2 heure.

14h30 : je raccompagne le speaker

14h35 : retour au bureau, l’étudiant arrive. On parle science et études, longuement. C’ est bien.

15h30 : séminaire

15h31 : j’ai oublié de récupérer mon papier chez le Dean of Science. C’est vendredi, je ne suis pas là lundi, je cours le récupérer.

15h35 : j’arrive au séminaire

16h30 : fin du séminaire. J’en profite pour faire un peu de socialisation.

16h50 : retour au bureau. J’ai un message Skype d’un collègue, je rapelle. Ce sont de bonnes nouvelles scientifiques

17h15 : je pars pour la garderie chercher ma fille

18h15 : après le circuit du soir habituel, on arrive à la maison

20h40 : on a dîné, la petite est baignée, couchée, je me remets au boulot. Devant arrêt sur images histoire d’avoir un fond sonore agréable. Grants, grants, grants

22h40 : je suis explosé. J’arrête. Je fais le point du travail de la journée

Discussions : 2h25

Rédaction de grants et de lettres : 3h45

Séminaire : 55 minutes

Chasse à la signature : 35 minutes

« Vraie » recherche : 4 minutes.

Presque 8h de « vrai » travail, ce n’est pas si mal, en fait. Mais ce n’est probablement pas assez.

About the author

tom.roud

5 Comments

  • En terme de « vraie » recherche, c’est assez proche pour moi (du coup, vu que je suis expérimentateur, ça avance pas vite).

    Discussions c’est similaire aussi (stagiaires, collègues etc). Ces dernières semaines un peu plus avec les fins de stage M2, les jurys etc. Il y a quelques réunions de recherche aussi.

    Rédaction de « grant », c’est plus par période, et en ce moment c’est 0, mais ça va bientôt reprendre.

    L’enseignement me prend beaucoup de temps, par contre (et en fait, la présence devant les élèves voire même la préparation des cours ne sont que la partie immergée de l’iceberg): c’est le côté administratif qui est chronophage (et déprimant). Par rapport à mon expérience US, j’ai compris qu’en France, nous (enseignants-chercheurs) sommes au service de l’administration et pas l’inverse. On peut facilement perdre 4h à essayer de régler des problèmes (mais téléphone, rdv, chasse à signatures etc) qui ne devraient pas exister (ou qui ne devraient pas être à la charge des EC) dans un système fonctionnant à peu près bien… Et hélas, ce n’est pas quelque chose de rare.

    En comptant 45mn de pause-déj, 30mn-1h de pauses internet ou discussions off, le 9h-18h30 passe vite…

    Et concrètement, au bout de quelques temps comme ça, on se demande parfois ce qu’on a vraiment fait de ses journées.

  • Depuis un an, j’ai un mal de chien à me remettre au taff après le coucher de l’enfant (plutôt 21h+ chez nous, vie parisienne, horaires parisien)… bah et puis je pense que je n’y crois plus. Quand je regarde les problèmes pour lesquels pendant 7 ans je n’ai jamais pris plus d’une dizaine de jours de vacances par an, je me dis que j’ai bien gâché mon temps…

  • C’est sûr que les journées s’organisent par période. Mais si je devais enseigner en ce moment, je ne sais pas comment je ferais (je serais probablement obligé d’empiéter sur lon sommeil 😉 ).

    @ H : j’ai pris pas mal de vacances cet été, pour la première fois depuis mon départ de France, ça m’a fait le plus grand bien intellectuellement.

  • De même, c’était la première fois depuis 2006 que je faisais un break de plus d’une semaine cet été. Grandement apprécié…

    (en ce moment je n’enseigne pas non plus, mais avec les soutenances, l’organisation de stages pour professionnels qui arrivent, l’accueil des élèves, les rattrapages et diverses merdes à régler, ça me prend déjà au moins 2-3h par jour… moi qui naivement pensait maniper à fond en septembre…)

  • En breton (dialecte morbihanais, voire même belle-îlois) on appelle ça « tratcheler » : faire tellement de petites choses qu’on a l’impression de ne rien avoir fait à la fin de la journée…

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