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Les geeks sont-ils anti « intellectuels »?

C’est la question posée par Larry Sanger (via Pablo).

Le constat de Sanger est le suivant :

  • La planète geek/Internet promeut l’intelligence collective, plus ou moins implicitement au détriment de l’expertise. Sanger cite notamment l’exemple de Wikipedia qui prévoyait à son origine un processus de revue par les experts, qui a vite disparu sous l’impulsion notamment de Jimmy Wales
  • On est passé insidieusement d’une critique du livre comme « contenant » peu moderne (i.e. en papier, etc…) à une critique du livre comme contenu. Sanger cite notamment des commentaires de geeks affirmant que personne ne lit plus les classiques comme Guerre et Paix , considérés comme trop longs et pas intéressants (bref pas assez « modernes »). En parallèle émerge l’idée qu’Internet modifie nos capacités cognitives (tendances à zapper d’un contenu à l’autre sans se focaliser – Is Google making us stupid ?). Le point central derrière cette idée étant que, désormais, toute connaissance est relativement accessible sur le web et donc qu’il est inutile de s’encombrer le cerveau avec des connaissances « inutiles » qui prennent un temps infini à consolider.
  • Autre point moins entendu peut-être : l’idée que les méthodes éducatives en général, et les études universitaires en particulier, sont dépassées et doivent être remplacées par des cours éveillant et cultivant la créativité. Un bon exemple est cette vidéo de Ken Robinson, spécialiste de l’éducation, que je découvre (et que Sanger critique)

    Aux Etats-Unis, cela se traduit aussi par des idées comme quoi l’éducation supérieure serait une « bulle », au sens d’être un produit sur-valorisé par rapport à sa valeur réelle. Et certains geeks d’affirmer que les études sont, au fond, inutiles.

Sanger s’inquiète que cet état d’esprit gagne en importance et s’étende à toute la société, filant tout droit à l’Idiocracy. Je pense qu’il est déjà trop tard pour s’inquiéter :

  • L’expertise de toute sorte n’a jamais été autant contestée. Et évidemment, Internet a accéléré cette tendance en rendant accessible les connaissances comme dit plus haut. Le problème est que, mal maîtrisées, ces connaissances soit amènent à des contre-sens scientifiques, soit mettent en avant des experts largement crackpotesques ayant une capacité de diffusion surmultipliée et qui gagnent du terrain (là où autrefois ils auraient végété dans leur coin). Qu’on songe par exemple aux « débats » sur le réchauffement climatique ou l’évolution.
  • Le modèle d’université comme dispensatrice de savoirs et compétences académiques garantissant un emploi est dépassé depuis belle lurette. Robinson dans la vidéo ci-dessus critique effectivement l’université du XIXième siècle, or l’université du XXIième siècle est toute autre : bien plus focalisée justement sur les débouchés de l’emploi, le génie, le développement de techniques directement utilisables par l’industrie. Le savoir en tant que tel est dévalorisé, il doit être rentable. Concrètement, en période de crise, cela se traduit par la fermeture pure et simple de département d’humanités.

Il y a des biais « geeks » évidents dans cette façon de penser. C’est vrai, on peut fonder sa start-up Internet et réussir sans études longues. C’est vrai, les « compétences » développées par ces geeks sont plutôt utiles à la société. Mais il n’est pas dit que toute cette philosophie geek soit applicable aux autres domaines du savoir. Qu’on songe par exemple à la « Do-It-Yourself Biology », la biologie du garage, des biohackers : à mon sens, il est impossible de faire quelque chose de vraiment raisonnable, innovant et sécuritaire sans un minimum de savoir et de savoir-faire universitaire. Il n’y a pas non plus de « do-it-yourself physics » : même des expériences relativement simples à faire demandent, pour être pertinentes , une réflexion en amont, une « profondeur » de pensée et une connaissance de la physique certaine (songez aux gouttes qui rebondissent d’un billet précédent). Enfin, il y a clairement un problème matériel de coût : un étudiant peut s’acheter un ordinateur et directement apprendre à programmer, alors qu’il faut une petite fortune pour s’acheter les équipements de base dans n’importe quelle science expérimentale.

Au fond, je me demande si cette façon de penser ne marque pas surtout la prédominance de plus en plus importante du génie (au sens ingénierie) sur la science elle-même. La science se retrouve en fait victime d’un double complexe de Frankenstein : d’une part, la créature (la technique) est constamment assimilée au créateur (la science), tout comme on fait souvent la confusion entre le monstre et le nom « Frankenstein ». Le grand public confond ainsi allègrement science et technique, le terme même de « geek » recouvre ces deux réalités différentes de l’académique et du technophile. D’autre part, la technique comme fin en soi tend donc à se substituer à la science, comme la créature se retourne contre son créateur. Les geeks internet sont à la pointe de ce mouvement en considérant en somme que toute connaissance est réductible à un problème technique, et c’est là l’origine profonde de cet anti-intellectualisme. Souvenons-nous également de cette révélatrice anecdote canadienne. Plus que l’idiocracy, c’est la technocratie qui triomphe.

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tom.roud

12 Comments

  • « Mais il n’est pas dit que toute cette philosophie geek soit applicable aux autres domaines du savoir. »

    Puisque vous abordez le domaine du « bricolage » les « FabLabs » sont à la mode et leurs partisans sont près d’affirmer parfois que demain chacun fabriquera à peu près tout ce qu’il souhaitera sur un coin de table, révolutionnant ainsi la société.

    Ces « FabLabs » représentent des dispositifs très techniques mais qui parviendraient facilement chez tout le monde grâce à certaines vertus du Net : ainsi présenté on peut se dire effectivement que « le monde avance à grands pas »…

    On pourra même fabriquer mieux que sa brosse à dents : des mécanismes à pièces mobiles !

    Mais ne nous emballons pas : ces « FabLabs » ne sont encore pas capables de mettre en œuvre une grande variété de matériaux et là se trouve bel et bien un obstacle (parmi beaucoup d’autres d’ailleurs) probablement extrêmement difficile à surmonter pour permettre la fabrication d’un très grand nombre d’objets et de mécanismes.

    Pour des pièces en frottement la tribologie nous dit que faire frotter un matériau sur lui-même est généralement une très mauvaise solution, et cette question du frottement, qui affecte toutes les pièces en mouvement relatif avec contact, s’avère capitale en ce qui concerne la durabilité d’un mécanisme.

    Il est généralement indispensable d’étudier soigneusement, et donc de choisir avec assez de précision, le couple des matériaux qui seront en présence pour obtenir un frottement correct, ceci en tenant compte des états de surface et de leur évolution, d’une éventuelle lubrification, des charges à absorber et quelques autres paramètres…

    Ces promoteurs des « FabLabs » ont indéniablement un certain nombre de connaissances techniques, ceux qui adhèrent à leur proposition de « révolutionner » ceci ou cela peut-être un peu moins mais les deux catégories méritent probablement d’être appelées « geek ».

    Les premiers manquent visiblement de certaines connaissances en technologie des matériaux en croyant qu’ils pourront « tout » fabriquer avec ce système de dépôt au « vocabulaire de matériaux » très restreint.

    Ou bien ils disposent de ces connaissances mais ne font pas état des limitations sévères de leur système dans le but peut-être de bien créer le buzz, de drainer des fonds… ?

    Les seconds se laissent aller à prendre pour pain bénit les affirmations des premiers, sans trop pousser d’investigation sur la réelle faisabilité du concept pour application à la vie courante.

    Que mettre en accusation ici ?

    Un manque flagrant de culture scientifique, puis technique, mais aussi peut-être de curiosité et d’esprit critique.

    Forme-t-on notre jeunesse à ces deux derniers points ?

    L’expérimentation « FabLabs » n’est pas inintéressante, gardons-nous cependant d’y voir une panacée !

  • Le fait que deux choses arrivent ensemble ne signifie pas que l’une est la cause de l’autre…

  • @ jcm : il y avait un numéro intéressant de Wired récemment là-dessus, ce qui illustre encore une fois assez bien l’esprit de la communauté geek

    http://www.wired.com/magazine/19-04

    @ H : C’est un billet d’opinion, pas une démonstration scientifique ;), mais quelles sont les deux choses corrélées dont tu parles ?

  • La mise en avant de solutions collectives et anonymes (comme celles qui sont à l’œuvre dans WP ou dans le développement de linux — les deux sont pourtant des nids d’universitaires ultra-compétents et pointus, même s’ils ne sont pas seuls) et la supposée montée de « l’idiocratie », l’anti-intellectualisme.

    En passant, le discours qui vante la réussite sans études, et son corollaire inévitable : le discours qui dénonce ce discours, aussi creux l’un que l’autre, ça n’a rien de très récent. Il y a une vingtaine d’années, c’étaient certains artistes qui ne perdaient pas une occasion d’annoncer fièrement leur échec au bac… et bien avant, on a eu des grandes glorifications des « self made men », des gens sans études mais avec du gros bon sens et qui réussissaient mieux que les crânes d’œufs. Ce genre d’histoire a toujours plu, pour une raison évidente : il est porteurs d’espoir pour tous ceux qui ce sont plantés à l’école ou voient leurs enfants se planter ; et c’est tant mieux — toi qui est si prompt à dénoncer l‘élitisme supposé du système français, tu devrais adorer.

    Bon, ceci étant dit, je ne vois rien qui permettre de relier les deux phénomènes, à part leur supposée co-occurrence. Est-ce que par hasard ça : http://polymathprojects.org/ c’est un truc de geeks, qui nie la valeur du savoir, de l’université, bla bla pata couffin ?

  • Je suis très étonné de voir opposer expertise et intelligence collective !

    Un expert des propergols pourrait-il seul envoyer une fusée sur la lune ? surement pas !

    L’intelligence collective procède le l’art de mettre en oeuvre les expertises pour qu’elle produisent du résultat.

    Allez donc lire les titres des thèses de 3ème cycle : même le titre est incompréhensible pour le commun des mortels !

    Mais si l’expert sait partager et mettre sa science au service des autres alors là ça devient extraordinaire.

    Qui n’a pas connu de professeur dont il se disait « niveau incroyable mais incapable de se mettre à notre niveau ».

    Voilà une expertise inutile si elle n’est pas capable de se mettre au service du groupe.

    C’est sans doute ça qui fait que l’expertise est critiquée aujourd’hui.

    J’ai lu sur le net qu’un expert qui est compris de son entourage estime avoir perdu son expertise. Quel humour !

  • @ H : d’une part, il me semble que les discours d’artistes ayant loupé le bac et s’en vantant se sont raréfiés, que ce soit en France ou aux USA. Et puis ici le discours en question est tenu pour partie par des représentants mêmes de l’institution universitaire (comme Robinson). D’autre part, il y a une petite différence il me semble avec les discours plus classiques « self-made man »: on ne te dit pas que les connaissances sont inutiles en soi, on te dit que tu n’a plus besoin de faire l’effort de les acquérir car tout est accessible online. Note que c’est un corollaire de l’aspect « intelligence collective » sur Internet, car cela revient à se reposer sur cette intelligence au lieu d’apprendre par soi-même (après il ne s’agit évidemment pas de dire que tous les efforts collaboratifs sur Internet sont mauvais, ce serait totalement stupide). Enfin, c’est à ma connaissance la première fois qu’on trouve de l’argent pour ne pas aller à l’école (et fonder sa start-up à la place) :

    http://www.thielfoundation.org/index.php?option=com_content&view=article&id=15

    toi qui est si prompt à dénoncer l‘élitisme supposé du système français

    Pourquoi supposé ? (cela dit ce n’est pas le sujet)

    @Thierry : l’opposition est plus « intelligence collective des non-experts » vs « expertise », plutôt que l’intelligence collective des experts.

    Sur les thèses, elles ne sont pas destinées au grand public, mais à d’autres experts. Comme les articles scientifiques, tout cela est bien normal il me semble. Cela n’empêche pas l’expert de tenter de vulgariser, non ?(via un blog par exemple).

    Concernant l’enseignement proprement dit, justement, enseigner permet aux experts de ne pas partir trop dans les nuages, c’est donc plutôt bon pour la recherche.

  • Pourquoi supposé ? Parce que rien n’est simple, et ta vision est réductrice et simpliste. Il y a des composantes élitistes dans le système français, comme sans doute dans tous les systèmes, mais il y a aussi des dispositifs qui contrebalancent cet élitisme.

    Un exemple : j’ai une très bonne copine qui a arrêté l’école en fin de collège, échouant au brevet des collèges. Elle est partie en apprentissage, et puis au boulot ! Elle n’a jamais passé le bac. Après plusieurs années de travail, elle a passé de DAÉU, a pu entrer à l’université tout en bossant à temps partiel, et suivre un cursus complet jusqu’en M2, avec de très bons résultats (et a maintenant un job tout à fait différent…).

    Ce genre de cas n’est pas rare, il y a une multitude de passerelles dans le système français, les écoles d’ingénieurs à côté de leurs concours recrutent des étudiants universitaire sur dossier, les universités offrent aux étudiants qui n’ont pas été pris en prépa des formations aux concours, les écoles d’ingénieurs même les plus obscures permettent à leurs étudiants une réorientation vers la recherche, etc.

    Par ailleurs, j’ai parfois l’impression que tu ne fais pas la différence entre « élitiste » et « exigeant », mais bref.

    À part ça, en ce qui concerne ces histoires de geeks, bien sûr que les discours s’adaptent aux temps nouveaux, mais le fond ne change pas, on a toujours une glorification du démerdard par rapport au crâne d’œuf qui ne sait que faire de son savoir livresque. Le côté « collectif des démerdards associés » semble plus nouveau, mais je ne trouve pas qu’il y ait de quoi en faire des caisses.

  • Pourquoi supposé ? Parce que rien n’est simple, et ta vision est réductrice et simpliste.

    Effectivement rien n’est simple. Que sais-tu exactement de ma « vision » pour porter de tels jugements ? Je te trouve un peu péremptoire.

    Tu me dis que les cas que tu cites ne sont pas rares : sur quelle réalité statistique te bases-tu ? Quel point de comparaison ? Par exemple, tu sais parfaitement que la France n’offre que très rarement une seconde chance passé un certain âge (contrairement à d’autres pays où il est beaucoup plus fréquent de voir des gens reprendre leurs études dans l’optique d’avoir un meilleur boulot là où la France fixe des limites d’âges aux concours des Grandes Ecoles par exemple). J’ai d’autres cas rares à te proposer qui vont dans le même sens : pourquoi les X et les Normaliens sont-ils payés pour étudier ? Pourquoi les mêmes sont les seuls à avoir des emplois réservés et garantis dans les Grands Corps de l’Etat ? N’est-ce pas la preuve au contraire de la philosophie élitiste du système, qui ne prête qu’aux riches ? Bref, peut-être que ma vision est simple, mais dans un cas comme dans l’autre, quelques contre-exemples ne sont-ils pas l’arbre qui cache la forêt ?

    Plus concrètement la France est l’un des pays les plus en retard au niveau du taux d’étudiants au niveau licence (par exemple). Cf

    http://fle.asso.free.fr/forestal/ocde_lemonde.htm

    Rien que ça devrait faire réfléchir, mais pour une raison mystérieuse, tout le monde croit que la France distribue au contraire des diplômes universitaires à tour de bras.

    Par ailleurs, j’ai parfois l’impression que tu ne fais pas la différence entre « élitiste » et « exigeant », mais bref.

    Le système est élitiste car il n’est par performant pour le niveau moyen, mais est au contraire très performant pour former les meilleurs. C’est ce que montrent les études PISA les plus récentes notamment Il est donc « élitiste » par rapport aux systèmes étrangers -encore une fois, il faut bien un point de comparaison.

    Et au-delà de la réalité brute, il y a le vécu. Je ne sais pas si tu as déjà pu te confronter à des systèmes éducatifs différents, je ne sais pas par exemple si tu as des enfants toi-même, mais l’expérience dans le domaine (en tant qu’étudiant, professeur, parent) ça compte aussi un peu. Quand j’avais la vingtaine, dûment sélectionné, j’étais convaincu qu’on avait le meilleur système du monde. Aujourd’hui je suis beaucoup moins convaincu, je pense qu’il y a de gros points forts mais aussi de grosses faiblesses . Un exemple parmi d’autres : je te garantis que tous les français expats que je connais se rejoignent sur leur jugement du système éducatif français, qui est très bien si tu colles parfaitement au moule (en gros si tu es bon), mais plutôt déprimant et destructeur si tu ne t’en sors pas. Concrètement, ce qui arrive assez systématiquement est que ces français expats, à partir du moment où ils ont essayé un autre système, ont la plus grande difficulté à remettre leurs enfants dans le système français, parce qu’il est trop élitiste justement et assez peu souple.

    je ne trouve pas qu’il y ait de quoi en faire des caisses.

    Je te rassure, ce n’ est qu’un petit billet de blog en réaction à un autre billet que je trouvais intéressant, et j’ai des problèmes beaucoup plus « concernants » dans ma vraie vie 😉

  • Ah oui, effectivement je ne connais de ta « vision » que ce qu’en laissent transparaître tes discours simplistes. Bon je crois que le plus simple et le plus reposant serait que je ne te lise que quand tu parles de science, à bientôt j’espère.

  • A H et TomRoud

    Je me trompe peut-être, ou j’ai peut-être mal compris, mais il me semble que vous ne parlez pas du tout de la même chose.

    Tom, dans son billet, parle de cette mode qui consiste à croire que faire des études ne sert plus à rien (d’où le qualificatif qu’il utilise «d’anti-intellectualisme»). H, quant à vous, vous dites : « on peut très bien réussir sans avoir fait d’études initiales brillantes. Un exemple : j’ai une copine qui … »

    Mais ces deux opinions ne sont absolument pas contradictoires ! Et la meilleure preuve, c’est que l’exemple que vous donnez est justement celui d’une personne qui a repris ses études après avoir travaillé, et qui a fini du coup par faire des études longues. Par cet exemple, vous abondez donc dans le sens de TomRoud : car pourquoi revenir faire des études à l’école si les études, ça ne sert à rien ? Si elle est revenue à l’école, c’est bien parce que cette prolongation de ses études allait lui être ensuite profitable pour son travail futur, non ? Ce n’était pas par pur masochisme ?

    Au passage, je rejoins TomRoud sur le constat que, pour nombre de gens, la connaissance est réductible à un simple problème technique. Avec toutes les conséquences que cela implique (si on veut trouver dans un domaine particulier, il suffit de chercher et on trouvera ; tout problème a une solution technique qui apparaîtra au moment où on en aura besoin ; etc.)

    Là où je ne le rejoins pas, c’est quand il lie ce constat au monde geek : parce que ce constat est beaucoup plus généralisé que cela dans nos sociétés (ce qui le rend d’autant plus effrayant, à mon avis). En particulier, il semble extrêmement répandu dans le monde des économistes ou encore dans le monde médiatique…

  • J’ai pas tout lu car le procédé qui consiste à passer du mot  » intellectuel  » au mot  » expert  » dès le début de l’article me paraït résumer un grosse partie de la question. L’intellectuel est justement celui qui construit une vision du monde. L’expert, lui, atteste de la conformité du réel à certaines normes qu’il n’a pas nécessairement édictées mais dont il maîtrise la complexité. Si on pense qu’être Geek implique d’avoir la vue basse, alors on peut penser que les Geeks préfèrent les experts aux intellectuels. Mais j’espère bien qu’au contraire, le Geek qui connaît la puissance sur le réel que donnent les capacités d’abstraction et de synthèse préfère les intellectuels, ceux qui – en le nommant – nous donnent accès au monde réel.

  • Avant tout, bonjour à tous 🙂

    Les geeks sont des intellectuels autodidactes, et aucunement des anti-intellectuels. Par contre ils basent leurs connaissances sur le partage de celles-ci, et donc de l’apprentissage perpétuel et la remise en cause permanente, contrairement aux universitaires non-geek (un universitaire pouvant tout à fait être un geek) !

    Les véritables geeks ne s’arrêtent pas à la technique « problème => solution », ils aiment comprendre le pourquoi du comment et approfondir. Mais actuellement beaucoup se revendiquent de la culture geek parce qu’ils crackent leur jeux ou logiciels (pour exemple), mais n’ont rien de geeks !

    Signé -> Un geek !

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