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TINA énergétique

Le débat qui a naturellement suivi la catastrophe humanitaire du tsunami aux 10 000 victimes les problèmes de la centrale de Fukushima a donné une terrifiante illustration de l’incompétence scientifique de nos politiques et de leur manque total de vision quantitative sur le long terme.

Dvanw, de façon prémonitoire, nous avait rappelé l’ésotérisme intrinsèque de la science, rejoignant ainsi la fameuse citation d’Arthur C. Clarke comme quoi toute technologie assez avancée devient indistinguable de la magie. Magie noire en l’occurrence dans le cas de la radioactivité et du nucléaire du côté gauche de l’échiquier politique, compensée par l’invocation de la magie blanche des fameuses « alternatives » dont on lit partout qu’elles existent mais dont on ne trouve guère de trace nulle part. A moins de détruire l’économie et les paysages naturels, il semble en fait que de telles alternatives n’existent pas encore aujourd’hui et que le débat actuel focalisé sur le nucléaire loupe complètement le paysage énergétique global qui mérite un examen quantitatif au croisement de la physique et de l’économie.

Au risque peut-être d’être trop général, pensons donc global. En 2006, Lewis et Nocera ont publié dans PNAS, les compte-rendus de l’académie américaine des sciences, des estimations raisonnables des besoins énergétiques futurs. En 2001, la puissance instantanée consommée par le monde était de l’ordre de 14 TW (Tera Watts, i.e. 1 suivi de 12 zéros Watts) – dont 1 petit TW nucléaire. Puis ils ont estimé la consommation future de façon relativement simple. Par définition, à moins de rétablir l’esclavage, toute activité humaine moderne repose sur la consommation d’énergie : par conséquent, la consommation énergétique est linéairement reliée à l’activité économique mondiale et à la population mondiale (qui croît aussi). Même en étant optimiste en supposant qu’on arrivera à réduire les pertes, économiser, etc … , c’est mécanique, il faudra doubler la production énergétique d’ici 2050 et la tripler la production d’ici 2100, la raison majeure étant le « rattrapage » économique de certains pays comme la Chine – qui ne semble guère se préoccuper du malthusianisme décroissant de certains Occidentaux.

Or, comme pour le problème du réchauffement climatique, on commence à toucher du doigt les limites physiques du système énergétique Terre. A quelques exceptions près (comme le nucléaire et la géothermie) toute l’énergie que nous consommons provient directement ou indirectement du soleil. Par exemple, les énergies fossiles (charbon, pétrole, etc…) sont, comme leur nom l’indique, des restes de plantes du passé, ayant photosynthétisé de la matière organique sur des millions d’années : elles constituent de l’énergie solaire très efficacement stockée, ce qui en fait une source d’énergie remarquablement efficace et peu chère, mais non renouvelable. Bonne nouvelle : on ne manque pas de charbon (1000 ans de réserve), on estime qu’on peut extraire une puissance de l’ordre de 30 TW, donc on ne manquera pas d’énergie. Mauvaise nouvelle : on risque en conséquence de détraquer complètement le climat (et de continuer à massacrer des mineurs à tour de bras, mais une vie de mineur semble peser moins médiatiquement que celle d’un technicien du nucléaire).

En réalité, pour stabiliser la concentration du CO2 dans l’atmosphère en-dessous de 550 parties par million (1.5 fois la concentration actuelle), il faudra produire d’ici 2050 une puissance supplémentaire équivalente à la puissance totale produite aujourd’hui sans brûler d’énergie fossile. Insistons : considérez toute l’énergie produite aujourd’hui en une seconde dans le monde. D’ici 2050, il faudra trouver une façon de doubler cette production énérgétique sans rejeter la moindre molécule de CO2 supplémentaire dans l’atmosphère !

La physique nous contraint, il n’y a en fait que 3 solutions :

  • le nucléaire. Bonne ou mauvaise nouvelle : on ne dispose que de 100 TW-an d’Uranium, i.e. 100 ans à 1 TW, donc ne comptez-pas sur la fission très longtemps. La fusion (ITER & co) ne sera au point que dans 50 ans au mieux, il faut trouver une solution avant.
  • la séquestration du carbone. On peut continuer à brûler du charbon et des mineurs à tour de bras si on trouve un moyen de stocker tout le CO2 supplémentaire produit. La technologie actuelle consiste à dissoudre le CO2 dans les eaux profondes. Là encore, la quantité physique d’eau profonde nous limite. On estime qu’au mieux, on dispose de 100 à 150 ans de capacité de stockage des émissions annuelles de CO2. Mais là encore il faudra beaucoup de temps pour avoir quelque chose de véritablement efficace.
  • les énergies renouvelables. L’équation est simple : en une heure d’ensoleillement, la Terre reçoit plus d’énergie que la consommation humaine en un an. C’est cette énergie qui est responsable du vent, des courants marins, etc…

Il y a donc a priori beaucoup de place pour le renouvelable d’origine solaire, qui, comme on l’a dit, reste de toutes façons la seule « vraie » source d’énergie externe. Cependant, là encore, il faut faire du quantitatif. Et on s’aperçoit que ça cloche rapidement . Si on regarde tout le potentiel éolien à 10 m du sol, on arrive à seulement 4 TW [1]. Rajouter 2TW en mettant des barrages un peu partout pour faire de l’hydroélectricité. 5 TW en transformant toutes les terres cultivées en bio-carburant. Bref, même en ruinant terres arables, écosystème et paysages pour produire de l’énergie, en réalité, le compte n’y est pas du tout, et je serai curieux de savoir quelle est donc l’alternative non carbonée proposée de façon réaliste par les écologistes !

La seule solution réaliste sur le moyen terme est de trouver un moyen d’utiliser directement l’énergie solaire. Le problème c’est que l’énergie solaire est très diffuse. En fait, comme on connaît exactement la quantité de soleil reçue par une surface donnée, on peut montrer que pour qu’un panneau solaire soit rentable face à des carburants fossiles (i.e. fournisse autant de kWh par dollar investi), il faudrait que le prix d’un panneau solaire ne dépasse pas 10 fois le coût de la peinture nécessaire pour recouvrir sa surface. Le verdict est évident : la technologie solaire actuelle n’a aucune chance d’être compétitive économiquement face aux carburants fossiles.

La conclusion est simple : le problème est insoluble aujourd’hui. Et pour pasticher Thatcher, There Is No Alternative, la seule solution viable passe par une exploitation de la puissance solaire reçue, qui implique le développement de nouvelles technologies permettant de réduire le coût de production de l’énergie par unité de surface à celui d’une peinture de luxe. Bref, seule la science peut nous sauver.

C’est là que Nocera rentre en scène, en tant que chimiste. Nocera part d’un constat simple : il existe autour de nous une molécule simple, abondante et propre, utilisée dans la nature par la photosynthèse pour stocker de l’énergie. Son nom : l’eau.

Et oui, la réaction consistant à brûler une demi molécule de dihydrogène avec une molécule de dioxygène pour donner une molécule d’eau est extraordinairement énergétique. L’ordre de grandeur est tout simplement hallucinant. Imaginez qu’on mette au point une super photosynthèse telle qu’on puisse convertir par seconde une piscine olympique en H2 et O2 qu’on rebrûle aussitôt. On génère alors 40TW d’électricité, soit la puissance requise à l’échelle mondiale ! Avec une seule piscine olympique par seconde à l’échelle de la planète !

Nocera pense que la solution technologique est là : dans cette super photosynthèse. Et il s’est fait le champion de cette nouvelle technologie, déposant moult brevets et dévoilant une nouvelle avancée il y a quelques jours, juste après Fukushima. Nocera a annoncé en grandes pompes lors du dernier congrès de l’American Chemical Society avoir trouvé le moyen de catalyser la séparation de l’hydrogène et de l’oxygène à partir d’eau et d’énergie solaire, avec une efficacité 10 fois supérieure à la photosynthèse naturelle (ce qui donnerait 5% de rendement) . Dr Goulu souligne que c’est encore 4 à 5 fois moins efficace qu’un panneau solaire, mais on l’a vu, la question cruciale n’est pas tant le rendement que le coût de production du watt par unité de surface, qui dépend évidemment du catalyseur utilisé par Nocera. Soyons optimiste : Nocera est manifestement obsédé par les coûts, et il affirme que son catalyseur est auto assemblé, s’auto répare et donc on peut penser que le coût de fabrication et d’exploitation de sa feuille artificielle est relativement bas. De là à être compétitif avec les énergies fossiles ? Espérons-le.

[1] On lira ici que si on recouvre la Terre entière d’éoliennes, on arrive à seulement 72TW, l’ordre de grandeur accessible de 4TW est donc plausible.

Références :

Powering the planet: Chemical challenges in solar energy utilization, Nathan S. Lewis and Daniel G. Nocera, PNAS October 24, 2006 vol. 103 no. 43 15729-15735 , en accès libre.

Cette vidéo très intéressante de Daniel Nocera:

Je vous recommande aussi la lecture de ces trois articles récents de Jancovici (1,2, et surtout 3) qui démontrent également comment en sortant du nucléaire, on favorise mécaniquement le charbon, bien moins cher, bien plus efficace, bien plus abondant et bien plus léthal que tout le reste. Et j’avoue pour ma part que les réactions actuelles de la gauche et des écologistes me laissent bouche-bée tant il est évident qu’ils sont en train de jouer le rôle d’idiots utiles des divers lobbys de l’énergie fossile.

About the author

Tom Roud

Nanoblogger scientifique, associate professor incognito (ou presque). Suivi par @mixlamalice

22 Comments

  • Les verts ont toujours été sur la ligne « sortir du nucléaire » (et il y a de bonnes raisons, là aussi on hypothèque l’avenir, puisqu’on ne pourra pas remplir indéfiniment les mines de sel et autres sites de stockage), j’ai justement trouvé assez prudents ceux que j’ai entendus sur le sujet malgré l’occasion qu’ils avaient de faire valoir leur point de vue.

    Quoi qu’il en soit, tout le problème est posé : les besoins énergétiques sont en hausse (et pas qu’en Chine) et les coûts déterminent ensuite les choix industriels… Sur le rendement des différentes technologies, il y a quand même pas mal de progrès à faire, non ? Ne serait-ce qu’en termes de stockage de l’énergie ou de réduction des pertes de l’énergie qui est transportée.

  • La démonstration part très bien, énergie estimée en TW, explication des limites…

    Mais ça dérape à partir de « on peut montrer que pour qu’un panneau solaire soit rentable »…

    Alors que juste avant on avait le potentiel de l’éolien (4TW), l’hydroélectrique (2TW) et le biocarburant (5TW).

    On aurait aimé savoir le potentiel exact du solaire, quitte à le limiter aux déserts.

    Par ailleurs les panneaux ne sont pas la seule technologie. Les centrales à concentration en sont une autre.

    On ne sait pas quelle surface il faudrait utiliser pour l’Europe, ni si l’Espagne, le Portugal, l’Italie, la Grèce, la France pourraient fournir une telle surface etc…

    La question du « coût » n’a pas de sens dans une perspective de « THERE IS NO ALTERNATIVE ». C’est du pur temps humain, il faut combien de temps humain pour installer de telles surfaces ? Quel rapport avec un éventuel « coût » ??? Que l’on sache Internet fonctionne grâce à des logiciels libres, et ça n’a demandé aucun « coût », ça n’est même pas reconnu économiquement, l’apport de temps humain bénévole au développement n’est pas monétisé.

    Cette analyse partait bien mais est fortement biaisée par le parti pris de présenter le concept de Nocera (qui cela dit est sans doute très bien).

  • Il est parfaitement insultant mais aussi contre productif d’assimiler les écologistes antinucléaires à des ignorants effrayés par le magie blanche. La plupart des militants actifs notamment autour de la CRIRAD disposent assurément d’un bon bagage scientifique, pondéré sans doute par une certaine éthique de la responsabilité.

    Sur les coûts de production des différentes énergies, quand on prend en compte le démontage des centrales, le stockage des déchets produits, la surveillance et maintenance nécessaire des sites pendant plusieurs millénaires, on doit convenir que c’est l’énergie du futur qui devra le supporter. Coût à rajouter par exemple au coût de production et d’installation d’un panneau solaire

  • Je suis moins pessimiste que toi sur les exigences sur le coût du solaire :

    Supposons que la durée de fonctionnement effectif d’un panneau soit 10^8 secondes (1000h de soleil par an pendant 30 ans). 1 watt de solaire installé te fournit sur toute sa vie 100 MJ d’énergie, soit l’équivalent de 2.5 litre de pétrole, qui coûtent environ 1$.

    En ordre de grandeur, la parité est autour de 1$/watt. Attention, on parle de coût total installé ! On en est encore loin (l’annonce de First Solar de 1$/watt est du « manufacturing cost », et ce doit être des « watts crète ») mais ça n’est pas non plus 2 ordres de grandeur d’écart.

    Par contre je suis bien d’accord que le défi du solaire, ce doit être le coût, le coût et rien que le coût, pas le rendement ! La course au % d’efficacité n’est donc pas la priorité je pense (certes le rendement est un levier pour baisser le coût mais beaucoup trop faible)

    C’est d’autant plus vrai que dans une perspective de long terme, on fonctionnera plutôt en « ferme solaire » qu’en installation chez le particulier (pour qui le rendement peut être important aujourd’hui car la surface dont il dispose est limitée).

    Les technos en couches minces offrent des perspectives intéressantes pour baisser les coûts de façon drastique. Aujourd’hui on dépose des couches type anti-reflet sur du verre à vitre pour moins de 1€/m². Encore une fois, on en est très loin aujourd’hui pour des couches photovoltaïques, mais ça paraît envisageable.

  • Le rendement n’est pas encore un réel problème, mais il intervient bel et bien dans le « coût du watt par unité de surface » : si le rendement des feuilles de Nocera est de 5%, il doit être 4x moins cher que des cellules photovoltaïques de 20% de rendement…

    Mais le rendement va devenir un problème réel lorsqu’on considère la phrase (copier/coller) « en une heure d’ensoleillement, la Terre reçoit plus d’énergie que la consommation humaine en un an ». Avec un rendement de 5% ça devient « en une journée d’ensoleillement, la Terre recouverte de panneaux solaires capterait la consommation humaine annuelle », ou encore « il faut couvrir 1/365ème de la surface de la planète de panneaux d’un rendement de 5% pour couvrir la consommation mondiale ». Ca ne fait effectivement qu’un dixième du Sahara, mais le Sahara c’est grand, alors autant n’en couvrir que 1/40ème avec des panneaux de 20% de rendement, non ?

    D’autant que si on voit loin et qu’on entend continuer vers les étoiles, nous ne sommes qu’à environ 3 siècles du niveau I de Kadarshev qui correspond à l’utilisation de 100% de l’énergie arrivant sur notre planète. En la recouvrant de cellules à 5% de rendement, on plafonnera au niveau 0.87 … (http://drgoulu.com/2009/05/02/pourquoi-seulement-2000-watts/ )

    A part ça, effectivement les réserves prouvées d’Uranium ne suffiront qu’à quelques décennies de production parce que les centrales nucléaires actuelles ont un rendement déplorable : actuellement seuls environ 5% des atomes d’uranium sont fissionnés avant qu’on baptise « déchets » les 95% restants. Et malgré ça, le « petit TW nucléaire » est actuellement le seul à pouvoir réellement concurrencer charbon, pétrole ou gaz en termes de prix. Améliorer le rendement du nucléaire (et il y a plusieurs pistes pour le faire), c’est une des clés indispensables pour passer en douceur des émissions de CO2 à celles d’hélium.

    C’est pas que je sois pour, c’est juste qu’on n’y coupera pas. ( http://drgoulu.com/2009/11/08/copenhague-shut-up-and-calculate )

  • Merci pour vos commentaires :

    @ Jean_no : sur le côté rendements des énergies propres non solaires, il n’y pas beaucoup de place non. Les chiffres que je donnent sont des estimations de la puissance disponible en supposant qu’on l’utilise à 100%.

    @ Galuel : le potentiel du solaire est infini, pas de doute là-dessus (comme dit dans le billet, une heure d’ensoleillement couvre tous les besoins de l’humanité en un an), et il n’y a pas d’autres alternatives parce que le total de toutes les autres formes renouvelables ne couvrent pas nos besoins.

    Après se pose le problème économique du coût; mais il y a quand même une grosse différence avec le logiciel libre dans la mesure où il faut des matières premières, de la surface, en quantité gigantesque ! Je n’ai pas non plus parlé du stockage, du transport et de l’entretien : d’après le calcul de Nocera dans son papier de PNAS, il y a encore un facteur 10 entre le coût d’installation des panneaux solaires et le coût total des carburants fossiles.

    @borneo « Il est parfaitement insultant mais aussi contre productif d’assimiler les écologistes antinucléaires à des ignorants effrayés par le magie blanche.  » la magie noire, pas la magie blanche; mais en attendant j’ai passé pas mal de temps à chercher et n’ai trouvé aucun document quantitatif sérieux (i.e. argumenté et réferencé) sur ces sites du type de ce papier de Nocera. En googlant « alternative au nucléaire » sur le site d’Europe Ecologie, on ne trouve aucun document scientifique. Par contre des tribunes grandiloquentes sur le danger du nucléaire, on en trouve pléthore. Et Jancovici explique très bien pourquoi sortir du nucléaire aujourd’hui, c’est juste l’assurance de brûler du charbon demain, puisque le solaire coûte encore trop cher. J’ajoute enfin que si ces gens étaient des politiques scientifiquement éclairés, ils auraient ces calculs en tête et mettraient ces problématiques du solaire (pleines d’espoir) au coeur de leurs préoccupations et de leurs discours plutôt que de surfer sur la peur de la magie noire. L’annonce de Nocera a fait énormément de bruit, mais on ne trouve aucune trace de ce qu’il dit sur le site d’EELV. Bref, nos écolos ont plus qu’un train de retard.

    @Dr Goulu et DavidL : le coût du solaire donné par Nocera est un coût d’installation si je comprends bien :

    Knowing the insolation striking an area of the earth for a 30-yr period, it is relatively simple to calculate the sale price of the converted energy that is needed to pay back at least the initial cost that is required to cover that area with the solar energy conversion system. At 10% efficiency, and a cost of $300 m−2, both typical of current Si-based solar electricity modules, along with a balance of systems cost of $3 Wp −1 (peak W), an electricity price of $0.35 [kW-hr]−1 is required to cover the initial system costs (13). By comparison, fossil-derived electricity (high-value energy) now costs approximately $0.02–0.05 [kW-hr]−1, and that cost includes storage and distribution costs. To reach a cost point near that of fossil-derived energy will thus require improvements in efficiency but additionally will require large decreases in cost, into a range below $100 m−2. For comparison, the cost of paint is about $1 m−2, so the solar energy conversion system can cost ≈10 times more than the cost of paint, but not much more if it is to provide cost-effective primary energy.

    Ref 13 est : Solar Energy Utilization Workshop (2005) Basic Science Needs for Solar Energy Utilization (US Dept of Energy, Washington, DC).

    Goulu, je suis d’accord avec toi sur le nucléaire, mais je ne voulais pas trop insister, j’aurais été encore plus insultant.

  • Je suis enchanté d’être cité dans un article de si haute volée… Même si c’est un peu technique pour mes faibles moyens.

    Je comprends mal comment s’articule cette histoire de rendement avec cette autre histoire de coût rapporté à la surface… 10 fois le prix de la peinture, ok, mais ça dépend justement du rendement que tu obtiens non ? Comment peut-on calculer un coût absolu/rapporté à la surface ?

    D’accord avec toi sinon pour regretter le peu d’intérêt du public en général et des écolos en particulier envers ce s question quantitatives qui me semblent quand même assez essentielles…

    Et sinon, pour en revenir à cette autre alternative que tu évoques au début de l’article, c’est marrant : je viens justement de poster la démonstration scientifique de l’urgence de rétablir l’esclavage… Pour les coiffeurs et les comédiens ! http://dvanw.blogspot.com/2011/03/157-maladie-des-couts.html

  • @ dvanw : le truc, c’ est que tu as une limite physique sur la quantité d’ énergie reçue par unité de surface (le rayonnement solaire). En d’ autres termes, tu ne peux pas générer une puissance infinie par unité de surface, c’ est pour ça qu’ on peut borner un coût.

  • Il semble en effet qu’il y ait peu de scénario prospectif énergétique globaux « réalistes » (et pas seulement de la part des écologistes, hein…). Il faudrait que je lise ce PNAS. Je me rappelle aussi une publi de la R&D d’EDF qui pointait vers un deficit important d’énergie (tout confondu, pas seulement fossiles) à l’échelle globale dans les décennies à venir. Pour la France seule, si j’en crois le dernier numéro (avril) d’Alternatives Economiques, il y a des gens qui font des scenarios cohérents de sortie du nucléaire…

    Apres, à l’échelle du globe, en effet, c’est plus compliqué. Sans vouloir parler pour eux, il me semble que la réponse typique d’un écologiste serait: ben il faut pas avoir à multiplier la production d’énergie par deux -> décroissance, croissance zéro, découplage, prospérité sans croissance (T.jackson), ce que vous voulez, mais bref, changement de cadre quoi…

  • @ ICE : Tu verras, ce PNAS repose beaucoup sur les rapports du GIEC pour estimer les besoins énergétiques, etc…

    La réponse des écologistes n’ est ni satisfaisante ni réaliste. On va faire comment pour dire aux Chinois qu’ ils n’ ont pas le droit de consommer autant d’énergie par tête de pipe que nous ? A mon avis, le seul salut sur tous les plans passe par la recherche sur cette énergie solaire.

  • @Roud : la réponse écolo n’est pas réaliste, mais les réponses qui proposent le brûlage de la chandelle par les deux bouts n’est pas spécialement avisée non plus… Et c’est vrai qu’il est gonflé de dire aujourd’hui aux chinois qu’il est hors de question qu’ils accèdent à notre niveau de gaspillage.

    Le seul projet qui arrangerait tout le monde mais qui est difficile à réaliser de manière sympathique ce serait de diviser la population mondiale par dix.

  • Concernant les prix du photovoltaïque, j’ai repris mes calculs et lu le papier de Nocera. Ce dernier exagère un peu, mais c’est de bonne guerre.

    Autre point : le papier date de 2006 et la source citée de 2005. A cette époque une filière en couche mince comme le CdTe ne pesait rien.

    Depuis cette filière a totalement explosé. En 2005 First Solar produisait 25MW, aujourd’hui 3 GW, soit 100 fois plus ! C’est aujourd’hui la plus grosse boîte de PV au monde, et ce sont eux qui annoncent les coûts de production les plus bas (0.75$/W fin 2010).

    Encore une fois, on sait déposer des couches minces sur du verre pour des coûts de l’ordre de l’€/m².

    La barrière du 100$/m² (en coût total installé) paraît accessible, surtout dans une config de « ferme solaire » où les économies d’échelle à l’installation jouent à plein. Et si la peinture coûte 1$/m², ça ne fait pas un facteur 10 comme dit Nocera, mais un facteur 100 🙂

  • A part ça on n’a pas mentionné ici que les grosses installations solaires existantes ou en projet sont thermodynamiques ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Centrale_solaire_thermodynamique ). Parce qu’on critique souvent les centrales thermique pour leur horrible rendement de 30% seulement, mais il n’y a pas beaucoup de cellules photovoltaïques qui atteignent ce rendement ( http://drgoulu.com/2010/05/09/comment-on-mesure-le-rendement-des-cellules-solaires/ ) et certainement pas au prix d’un bête miroir…

    A propos d’économies d’échelle (@DavidL), dans le photovoltaïque elles ne résultent que des quantités industrialisées, mais pour 2x plus de puissance il faut toujours 2x plus de capteurs ET 2x plus de câbles, connectique etc parce que le système est quasi intégralement surfacique. Dans l’énergie, les réelles économies d’échelle apparaissent pour les éléments de puissance : une génératrice de 100 MW coûte beaucoup moins cher que 10 de 10 MW, qui coutent encore beaucoup moins cher que 1000 onduleurs de 100 kW. Comptez encore le prix du câblage et des transformateurs, et vous verrez que la production décentralisée prônée par les photovoltaïstes n’a strictement aucune chance d’être compétitive par rapport aux grosses installations industrielles.

    Pour les feuilles de Nocera, j’ai une question bête : est-ce que le récipient d’eau qui les contient, l’antigel pour pas que ça gèle la nuit, les tuyaux assez étanches pour récupérer les bulles d’hydrogène et d’oxygène (séparés?), le compresseur pour stocker ces gaz etc sont compris dans le prix de la peinture magique ?

  • @ Jean_no : il y a ce qu’ il faudrait faire et ce qu’ on va faire de façon réaliste. C’ est valable pour la consommation d’ énergie comme pour les centrales nucléaires. Il faudrait consommer moins d’ énergie, mais de façon réaliste ça n’ arrivera pas, donc il faut qu’ on trouve un moyen de gérer le problème. Il faudrait investir dans les énergies propres si on abandonne le nucléaire, mais de façon réaliste on va tout transférer sur le charbon. J’ attendrais du politique qu’ il prenne les décisions sur l’ hypothèse réaliste, pas l’ hypothèse optimiste …

    @ DavidL : mais tu vois, même à 0.75$/W, on reste 1.5 ordre de grandeur au-dessus du coût des énergies fossiles. Ça colle d’ ailleurs avec ton chiffre de 100 euros /m^2, il faut encore gagner un facteur 10 pour être compétitif économiquemenr

    @Dr Goulu : merci pour le lien, je me demandais justement ce qu’ on faisait là-dessus (je me souviens toujours de cette video très impressionnante vue sur SSAFT :

    http://ssaft.com/Blog/dotclear/index.php?post/2010/12/13/Have-Fun-With-Sunlight

    )

    Sinon pour le détail de la technologie de Nocera, je crois qu’ il va falloir attendre la nouvelle publi…

  • attention ! Je pense qu’on ne parle pas dans les mêmes unités !

    J’ai bien dit 0.75$ par WATT installé, pas par kWh produit !

    Si on part sur 1000 heures par an pendant 30 ans, ça nous met à des 0.03$/kWh, donc compétitif avec le fossile (d’ailleurs D.Nocera semble payer son kWh moins cher que le mien !!)

    Once a gain, on en est loin car je pense que sur le toit du particulier lambda, le coût de la pose doit facile faire 3 fois le cout du panneau…

  • Tu assimiles nucléaire et filière U enrichi. Areva mise sur un retour de la surgénération, plus de problèmes puisque c’est l’U238 le combustible d’origine. Personnellement le développement de la filière thorium dans des systèmes sous-critiques me semble intéressant (ça ajoute la sécurité d’un système sous-critique).

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