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Le darwinisme est-il un gouldisme ?

Duels de tribunes sur l’évolution dans les pages du Monde : à une tribune de Thomas Heams parue le 17 janvier sur l' »évolutionnisme mal dégrossi » dans le film Avatar répond un point de vue de Jean Staune en date du 21 janvier sur le « non-darwinisme » (en accès libre pour encore quelques jours). Qu’en tirer ?

A ma gauche, donc, Thomas Heams, qui ouvre les hostilités. Avatar, donc, ne serait pas darwinien au motif, en somme, que la faune et la flore de Pandora et de la Terre sont trop semblables. La logique (résumée) est la suivante : la théorie de l’évolution a pour moteur le hasard, donc les structures trouvées par l’évolution sont nécessairement aléatoires, donc Pandora ne peut ressembler à la Terre d’aucune manière.

On rejoint alors la vision d’un Stephen Jay Gould et de son expérience de pensée proposée dans « Wonderful Life » : si l’on remontait le temps, rembobinait l’évolution et redéroulait le processus de sélection naturelle, la vie, selon Gould, serait totalement différente de celle qu’on observe actuellement. Les biologistes appellent cela la contingence, les économistes la dépendance au sentier, le darwinisme est assimilé au gouldisme par Heams.

Heams poursuit : si on observait de la reproductibilité dans l’évolution, il faudrait trouver d’autres explications rationnelles que la seule théorie telle qu’elle existe. Or, selon Heams, une boîte de Pandore serait ouverte : repenser l’évolution serait un retour en arrière, qui favoriserait nécessairement les mouvements spiritualistes et religieux, voire créationnistes. Donc interdisons-nous cette perspective !

A ma droite, la tribune de Jean Staune en réponse qui prend Heams à contrepied. Staune commence par effectivement rappeler les théories de Simon Conway-Morris, autre paléontologue respecté (dont j’avais chroniqué le livre sur les convergences évolutives) . En résumé, Conway-Morris est en desaccord profond avec la vision de l’évolution explicitée Gould (et implicitement citée par Heams) pour une raison simple : en réalité, l’évolution a trouvé plusieurs fois les mêmes solutions, de façon reproductible. C’est ce qu’on appelle les convergences évolutives. Staune cite les exemples qui l’arrangent (pas forcément les plus clairs, et il extrapole beaucoup ), recrute lui aussi en passant Stephen Jay Gould (?) et affirme en somme que la vision qui en découle est en contradiction avec la théorie de l’évolution de Darwin, d’où le titre provocant de sa tribune. On peut regretter qu’un énoncé aussi fort ait été publié tel quel; encore une illustration que les pages des journaux ne sont peut-être pas le meilleur lieu pour parler de science.


Deux tribunes, un préjugé commun

A mon sens, malgré leurs affirmations radicalement opposées, ces deux tribunes révèlent un problème récurrent dans la vision courante de l’évolution : il y a une confusion permanente entre le fait que le hasard soit le moteur de l’évolution et le fait que les solutions trouvées par l’évolution soient elles aussi aléatoires. C’est une confusion entre le moteur et le résultat du processus.

Plus exactement, pour parler en informaticien, on peut voir le processus de sélection naturelle comme un algorithme d’optimisation (locale ou globale). Son moteur est le hasard, comme les fameux algorithmes Monte Carlo utilisés en physique. Mais cela ne veut absolument pas dire que les solutions trouvées par cet algorithme sont elles-mêmes aléatoires. Les solutions trouvées par un algorithme aléatoire (quel qu’il soit) dépendent certainement de l’algorithme, mais dépendent probablement au moins autant de l’espace des solutions possibles et de ses contraintes (physiques ou autre).

Et en réalité, les problèmes informatiques où des méthodes basées sur le hasard donnent des résultats parfaitement déterministes sont courants. L’exemple le plus classique, pour citer un biologiste fameux, est le procédé de l’aiguille de Buffon : méthode parfaitement aléatoire permettant de calculer la valeur d’un nombre parfaitement déterminé, pi. Il ne viendrait à l’idée de personne de dire que comme Buffon utilise une méthode dont le moteur est l’aléatoire, son résultat est lui-même aléatoire [1]. Pourquoi est-ce exactement ce qu’on fait à chaque fois qu’il s’agit de parler d’évolution, au point donc que dire le contraire serait être anti-darwinien ?

Evidemment, Heams a d’une certaine façon raison sur un point : si le résultat d’un processus aléatoire n’est pas lui-même aléatoire, c’est qu’on n’a pas complètement compris la nature du problème. Et alors ? En quoi cela remet-il en question la théorie de l’évolution ? L’idée de Conway-Morris est simplement que les contraintes évolutives sont parfois tellement fortes que le nombre de solutions trouvées est effectivement limité. L’aléatoire, moteur de l’évolution, est simplement canalisé par la grande force des pressions évolutives qui orientent vers un résultat. C’est certes une nouvelle affirmation scientifique, testable et falsifiable, un ajout au corpus existant, mais en quoi est-ce contradictoire avec Darwin ? Même Richard Dawkins, tête de pont publique de l’évolutionnisme athée, ne semble pas avoir de problème avec cette idée, lorsqu’il a cité récemment Conway-Morris pour précisément affirmer qu’il ne fallait pas sous-estimer les probabilités des convergences évolutives, dans une discussion sur la (possible) bipédie des aliens dont j’avais parlé ici !

Tester sereinement

Trois derniers commentaires pour finir ce billet déjà trop long :

– l’un des points importants si l’évolution est contrainte est que l’on puisse faire des prédictions sur l’évolution. Conway-Morris s’y livre dans son bouquin (de façon constestable à mon avis). Mais l’une des prédictions spectaculairement vérifiée a déjà été réalisée en 1945 par Schrodinger : dans son livre « qu’est-ce que la vie« , sur la base de considérations purement thermodynamiques (i.e. des contraintes physiques), il a prédit que l’hérédité devait se transmettre par l’intermédiaire d’un « cristal apériodique ». Prédiction largement vérifiée depuis par la découverte du code génétique encodé via l’ADN. On peut donc penser qu’une vie extraterrestre se baserait elle aussi sur un cristal apériodique (qui pourrait être tout aussi bien l’ARN ou un autre polymère apériodique), on peut aussi penser qu’un processus autocatalytique conservant l’information (i.e. la vie) nécessite l’existence de cellules pour des raisons de séparation d’information purement physiques, etc… Il n’y a donc rien de choquant, d’anti-darwinien ou d’anti-scientifique à mon avis à penser cellules, bactéries, animaux multicellulaires pour la faune extraterrestre. Entre parenthèses, l’un des critères acceptés de recherche de vie extraterrestre est une atmosphère enrichie en oxygène, du fait d’une hypothétique photosynthèse extra-terrestre, preuve qu’en réalité tout le monde fait cette hypothèse.

– quelques jours avant la publication de la tribune de Thomas Heams, on pouvait lire un peut partout que la NASA s’attendait à avoir des conclusions définitives cette année dans le sens de l’existence (passée) de la vie sur Mars (voir par exemple ce billet). Donc ces problèmes de convergence évolutive dans l’apparition de la vie et sa structure pourraient trouver une réponse rapide.

-enfin, il serait bon que tous oublient un peu leurs opinions religieuses dans ces discussions, qu’il s’agisse de Conway Morris ou des évolutionnistes athées militants.


Post Scriptum

Si vous voulez en savoir plus sur les convergences évolutives, je recommande vivement la lecture du blog SSAFT et plus particulièrement de la série « Le Mercredi on converge« .

[1] encore que ce serait intéressant de faire un sondage a priori auprès de non spécialistes.

About the author

Tom Roud

Nanoblogger scientifique, associate professor incognito (ou presque). Suivi par @mixlamalice

37 Comments

  • Un très bon article, qui résume parfaitement ma pensée sur la question. Il faudrait cependant s’étendre sur ce qu’on entend sur l’aléatoire: ce qu’il y a d’aléatoire dans le cadre de la théorie de l’évolution, c’est l’occurrence de variations dans le génome transmissible des organismes. Les contraintes, par contre, sont immenses: les types de variations sont restreints, la plateforme de ces variations – le génome – est restreint, les pressions évolutives (internes et externes) sont restreintes… Pas étonnant donc, qu’au sein d’un groupe, toutes ces contraintes mènent à des convergences quant aux solutions évolutives explorées. On parle de paysage évolutif plus ou moins étendu. Là où Gould, à mon avis, a probablement raison, c’est qu’à partir d’un organisme unicellulaire, on ait réellement peu de chance de retrouver la biodiversité existante sur notre planète: mammifères, plantes, vertébrés, etc…

    Bon et alors sinon, au passage, faire un article sur les convergences évolutives et ne pas faire un misérable petit lien sur mon blog? Faut que je m’y remette, c’est ça le message?

    • Merci pour le commentaire.
      Je répare immédiatement l’oubli honteux de liens vers ton blog et recommande vivement sa lecture à tous !

      • Merci, c’est vraiment très sympa!
        Je ne sais pas si mon commentaire était très clair par contre. A force de blogger l’étrange et le funky, on perd la capacité de s’exprimer clairement sur des thèmes plus sérieux.

  • Les gens confondent le hasard et le « n’importe quoi » parce qu’ils oublient de placer les faits soumis à l’aléatoire dans une perspective historique et environnementale.
    Je suis assis devant mon bureau… Je peux tirer à pile ou face pour décider d’aller me préparer du thé ou au contraire d’aller me coucher : un certain hasard en décidera. En revanche je ne peux absolument pas décider de me projeter dans l’ancienne Égypte ou d’aller sur Saturne car ma situation ne me le permet pas, que je le veuille ou non d’ailleurs. De même, l’apparition d’un organe ou d’un comportement dans une espèce n’est pas du « n’importe quoi », le phénomène s’inscrit dans un lot de contraintes (parmi lesquelles se trouvent des paramètres aléatoires) et, comme l’a finalement très bien expliqué Darwin, aura des chances de perdurer s’il favorise la survie des individus ou de l’espèce.
    J’avais trouvé la tribune de Thomas Heams (je n’ai pas lu l’autre) assez étrange parce que son auteur semblait oublier qu’Avatar est un film de science-fiction qui lui aussi s’inscrit dans l’histoire du genre (et contient d’innombrables mèmes sciencefictionnesques) et dont le scénario ne peut a priori fonctionner (ne serait-ce que pour permettre l’identification du spectateur et son adhésion à la cause des Na’avi) que s’il existe une certaine proximité entre le fonctionnement de la vie sur Pandora et de celle de la terre. La science fiction est riche en formes de vies de tout type (spirituel, mécanique, etc.), il me semble incongru de chercher à vérifier s’il y a là une vraisemblabilité idéologique du point de vue évolutionniste, même s’il est évident que Cameron a un peu réfléchi au sujet.

  • Hum, pardon Tom, j’ai cafouillé avec mon précédent commentaire… je reposte en plus clair, si ça ne te dérange pas d’effacer le précédent :s

    @Taupo

    Pas étonnant donc, qu’au sein d’un groupe, toutes ces contraintes mènent à des convergences quant aux solutions évolutives explorées. On parle de paysage évolutif plus ou moins étendu. Là où Gould, à mon avis, a probablement raison, c’est qu’à partir d’un organisme unicellulaire, on ait réellement peu de chance de retrouver la biodiversité existante sur notre planète: mammifères, plantes, vertébrés, etc…

    Complètement d’accord, Gould a d’ailleurs (longuement) dit la même chose dans la Structure de la théorie de l’évolution (passionnant, mais malheureusement peu lisible). Il proposait de distinguer la “convergence” due aux contraintes communes au sein d’un même groupe (en gros, celle qui se rapproche plus d’une homologie cachée), et de l’appeler “parallélisme”, de la convergence proprement dite. C’est d’ailleurs un peu triste qu’en à peu près 400 pages, Conway Morris n’évoque pas une seule fois cette distinction dans Life’s Solution, alors qu’elle est vraiment essentielle pour le débat. C’est ce qui fait de ce bouquin plus un (excellent) catalogue de convergences qu’une véritable réflexion sur la prédictibilité de l’évolution, mais ce n’est que mon avis…

    • C’est d’ailleurs un peu triste qu’en à peu près 400 pages, Conway Morris n’évoque pas une seule fois cette distinction dans Life’s Solution, alors qu’elle est vraiment essentielle pour le débat.

      Tu es sûr ? Je crois qu’il fait bien la distinction, il me semble même qu’il affirme que les cas de convergences dont il parle sont des cas de convergences et pas de parallélisme. Je m’en souviens car quand je l’ai lu je me posais ces questions justement.
      Sinon, un nouveau cas assez fascinant de convergence évolutive, l’écholocation :
      http://tinyurl.com/ycwxy6d
      Il y a même convergence « technologique » puisqu’on a inventé le radar sur le même principe 😉

      • Non, pas sûr… j’ai peut-être été injuste avec Conway Morris alors, voilà qui justifiera une relecture !

      • Pour être plus clair, c’est une lecture plutôt ancienne mais je me souviens de longs développements qui présentaient comme des convergences les ressemblances entre Mammifères marsupiaux et placentaires (qui ont suivi des chemins similaires, certes, mais à partir du même ancêtre commun en bricolant de façon comparable des structures homologues) ou les apparitions multiples de la photosynthèse en C4 (alors que la RuBisCO, l’anhydrase carbonique, la pyruvate kinase… sont des enzymes universelles chez les plantes et qu’il « suffit » de les assembler dans le bon ordre pour tomber sur le métabolisme en C4). Ce sont des cas où il y a clairement des contraintes, qui ne font peut-être pas tout, mais qui existent quand même et j’ai le souvenir d’un Conway Morris évitant généralement de les discuter. Maintenant il se justifie peut-être d’une autre manière, je n’ai plus le livre sous la main pour vérifier, je me souviens juste ne pas avoir été très convaincu.

        • En fait, c’est vrai qu’en général il ne discute pas en détail parallelisme vs convergence sur les exemples qu’il donne (typiquement le passage C3/C4 qui effectivement s’imagine bien comme étant dû à un réassemblage de structures existantes). C’est normal donc que tu ne t’en souviennes plus !

  • Je n’ai lu que le papier de Heams qui n’avait aucun intérêt à  mon goût (on a mieux comme conversion au coin café au labo… franchement, Le Monde journal de référence…)

    Je n’ai pas lu le papier de Jean Staune. Je veux juste dire ceci : ton billet n’a aucun intérêt si tu ne prends pas la peine de rappeler qui est Jean Staune, et ce qu’est l’UIP.

    Heureusement qu’il y a les commentaires de Coincoin pour relever le niveau.

  • Ah, tiens, l’’UTF8 n’est pas accepté ici. En plus on a droit à reCAPTCHA, on bosse gratis pour Google…

    Adieu.

    • Adieu.

      Bon, bah merci d’être venu « pour relever le niveau », hein.
      Cela dit :
      – je ne connais l’UIP que de nom, désolé. Je sais qu’elle a la réputation dans certains cercles d’être un repère d’infâme créationnistes, mais quand il s’agit de critiquer les gens, mieux vaut critiquer le fond du discours que d’asséner ses propres conclusions comme préambules.
      – sur RECAPTCHA, permets-moi de te dire que ton commentaire n’a pas grand intérêt non plus. Je veux bien que Google soit un grand méchant loup qui numérise les livres indûment, mais si j’ai bien compris et comme il a été suggéré ici ou là, ce sont les seuls aujourd’hui à numériser les livres efficacement et relativement systématiquement. Donc le choix est : ou on numérise les livres, et dans ce cas, c’est triste, mais comme ça, why not use RECAPTCHA, ou on ne fait rien. Oui, ton commentaire n’a aucun intérêt car l’ignare que je suit aurait bien aimé être éclairé sur ce sujet par un lien. Mais bon, il faudrait que tu utilises RECAPTCHA pour reposter, c’est horrible pour toi apparemment.

    • Si les espèces indépendantes se ressemblent, ce n’est pas parce qu’il existe un plan divin, ou un ordre cosmique, c’est tout simplement parce que tous les êtres vivants, produits de la sélection naturelle, sont soumis aux mêmes contraintes.

      Enfin…

    • En revanche, je ne vois toujours pas en quoi c’est contradictoire avec ce que dit V. Fleury (la nécessité, les contraintes), mais bon, manifestement, les auteurs de la tribune ont envie de lui faire porter un chapeau.

      • En même je ne suis pas sur qu’ils comprennent contraintes dans le même sens que le sieur Fleury. Ils donnent l’impression d’avoir toujours la vieille idée que les éléphants volants ont disparus car ils étaient pas très fits. Ils n’interrogent pas du tout le fait que peut être la physique ne permet pas d’en construire ab initio.

        A quand la quatrième tribune dans le monde…

  • Vous donnez l’impression que l’article de Thomas Heams remet en cause la théorie darwinienne de l’évolution, en particulier à la fin de votre texte. N’est-ce pas Jean Staune qui adopte une position clairement antidarwinienne. Je ne comprends pas bien. Et pourquoi ajoutez-vous à la fin : « -enfin, il serait bon que tous oublient un peu leurs opinions religieuses dans ces discussions, qu’il s’agisse de Conway Morris ou des évolutionnistes athées militants. » Qui sont les évolutionnistes athées militants dont vous parlez ? Merci.

  • Je suis d’accord avec toi Tom, sur l’absence de contradiction entre Darwinisme et convergence, du fait des mêmes contraintes physiques qui s’imposent à tous les êtres vivants.
    Par contre je ne crois pas qu’on puisse déduire des convergences qu’on observe autour de nous la moindre certitude sur ce qui se passerait si on rembobinait le film de la vie à l’envers. Gould a défendu à la fois l’idée de convergence et celle de non-réplicabilité de l’évolution car les deux phénomènes se passent sur des échelles de temps très différentes (c’est ce que Staune oublie quand il parle des contradictions de Gould).
    Les (macro) convergences concernent des groupes d’animaux souvent très proches à l’échelle géologique: un mammifère et un placentaire sont des frères jumeaux à cette échelle et même deux vertébrés sont des cousins germains. Dès qu’on remonte de quelques centaines de millions d’années, on trouve des plans d’organisation de la faune extraordinairement variés, qui n’ont rien à voir avec celles que nous connaissons (j’ai fait un billet sur le sujet http://webinet.blogspot.com/2010/01/la-reine-le-fou-et-larbre.html). Gould défend l’idée que les survivants sont simplement les petits veinards qui ont eu de la chance à un moment donné. Ils n’étaient pas « plus » adaptés dans l’absolu que les autres et il est vraisemblable qu’en d’autres circonstances, d’autres genres que les tétrapodes aient prévalu sur Terre. On n’aurait alors jamais vu de trucs qui ressemblent à des mammifères, encore moins à des primates, et ne parlons pas des humains…

    • Ce que tu dis se discute. Par exemple, je ne suis pas d’accord sur le fait que les convergences évolutives concernent uniquement des animaux proches. Qu’y a-t-il de commun entre les rats-taupes et les insectes eusociaux, dont les sociétés sont pourtant organisées de la même façon (avec reines reproductrices, ouvriers, etc…). L’autre exemple auquel je pense, c’est l’oeil des pieuvres et des vertébrés, où les mêmes éléments ont évolué indépendamment (iris, forme de l’oeil, etc…).
      Ensuite, je trouve que dire que les survivants sont les plus veinards, c’est exactement du même ordre que ce que dit Thomas Heams, mais « à l’envers ». Peut-être que certains plans ont été plus sélectionnés que d’autres parce qu’ils sont plus adaptables, plus évoluables … L’hypothèse « du hasard » systématique, c’est parcimonieux, mais c’est un peu aussi une façon de ne pas se poser de questions sur d’autres contraintes. Enfin bon, je ne crois pas qu’on puisse répondre vraiment à ces questions aujourd’hui, mais je suis quand même frappé par l’assurance de ceux qui affirment que fondamentalement, tout est hasard. On a tellement peur du retour de théories « spiritualistes » qu’on en vient à dire qu’on est sûr de trucs totalement improuvables (genre les espèces disparaissent toujours « au hasard ») plutôt que de reconnaître qu’on ne connaît peut-être pas toutes les contraintes sur l’évolution.

      • Juste un exemple de disparition non due au hasard : les ours blancs risquent de disparaître à cause du réchauffement climatique. Maintenant, rembobinons l’histoire de 200 ans , et redéroulons l’histoire du monde. A mon avis, les ours blancs disparaissent aussi dans cette histoire alternative à cause du réchauffement climatique. Je ne vois donc pas pourquoi, pour une histoire environnementale donnée, les disparitions seraient purement dues au hasard.

        • Je suis d’accord avec toi: on ne sait pas grand chose sur les facteurs de « survivance ». Mais l’assurance, je trouve est plutôt du côté des tout-adaptationnistes non?

          Pour l’exemple de la disparition des ours blancs, je ne suis pas convaincu: Ce qui me semble compliqué n’est pas de prévoir les espèces qui vont disparaître (99% des espèces sont condamnées d’ici quelques millions d’années si l’on en croit le passé géologique), mais lesquelles vont perdurer. Du coup « l’adaptation de la forme générale » est un concept qui ne me semble pas très « opératoire »: nous mêmes, homo sapiens, faisons partie d’une famille en voie d’extinction (plus qu’une seule espèce d’hominidé et le genre « grands singes » est menacé de disparaître). Est-ce à dire que notre organisation anatomique est moins bonne?

  • Merci pour l’article !
    Toujours intéressant, comme d’hab… Même si je te trouve un peu gonflé de mettre sur le même plan l’article de Thomas Heams… et Jean Staune, qui est quand même un créationiste notoire, même s’il appartient, disons, à la branche sophistiquée…

    L’article n’est plus accessible, mais si je m’en souviens bien, Heams critiquait essentiellement le fait qu’Avatar montrait une faune variée avec au milieu une seule espèce intelligente : des bipèdes avec 2 jambes/2 bras/1 nez/2 yeux… Qui ne sont pas complètement sans rappeler une autre espèce qu’on connait.

    Et c’est là en effet que ça devient scientifiquement très discutable : si il faut à ce point ressembler aux humains de la planète Terre pour atteindre la conscience de soi et la civilisation, on peut légitimement se demander d’où vient un tel modèle universel ? Et s’il n’y aurait pas une histoire de « fait à l’image de » derrière… Non ?

    • J’avoue que le côté « oubli de la nécessité » m’a pas mal énervé chez Heams. Si même les scientifiques tiennent des propos discutables sur l’évolution … Au moins Staune est-il sans surprise en terrain connu.

      Sur le modèle universel, c’est simple : des contraintes très fortes peuvent t’amener plusieurs fois dans la même direction. Le livre de Conway-Morris que je lie est plein d’exemples assez incroyables je trouve. Maintenant, cela ne veut pas dire que tout est reproductible à l’identique, mais je pense qu’il y a une question intéressante à se poser…

  • « Rhaaaaaaaaaaa
    Mais câ??est pas possible !!!!!!! »

    J’adore cette réaction!

    concernant la référence citée
    1) la courbe en Crosse c’est n’importe quoi non?
    2 )par ailleurs les « réchauffistes » font EXACTEMENT ce que tom roud critique dans cet article, l’effet de masse « Plus de 1 700 scientifiques britanniques ont signé une déclaration réaffirmant que le réchauffement climatique est provoqué par l’homme, en réponse à  l’affaire des courriels piratés d’experts soupçonnés de manipuler des données »
    http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/12/10/01011-20091210FILWWW00706-1700-chercheurs-contre-le-climategate.php

    Bon un million de chose à  dire mais pas le temps a cause de l’actualité qui est énorme pour les idées que je défends (à  plus tard pour un débat de fond) :
    1) Un grand dossier  » Dieu et la Science » dans monde des religions de Janvier /Février: un dossier de 30 pages (!!!)
    Avec
    Bernard d’Espagnat
    Trinh Xuan Thuan
    Le père Thierry Magnin
    Simon Conway Morris
    Charles Townes
    William Phillips
    Mario Beauregard
    Et Jean Staune dans un grand débat avec André Comte Sponville
    à ne surtout pas rater

    http://www.le-monde-des-religions.fr/articles/dieu-et-la-science.html

    ENFIN une synthèse interdisciplinaire des idées de certains « piliers » de l’UIP publiée par un grand média français

    2) Trinh Xuan Thuan et Jean Staune ont parlé de ce dossier au grand journal du matin de Radio Notre Dame on peut écouter l’émission ici

    http://www.radionotredame.net/emission/legrandtemoin/2010-01-05

    3) Jean Staune vient de débattre en direct a la TV avec Pascal Picq
    On peut voir l’émission là 

    http://www.cap24.com/emission.php?id_video=2341&type=emission

    4) Le dernier colloque de l’UIP organisé avec l’UNESCO ( et pas uniquement   l’UNESCO)
    a eu un large impact grace a Reuters

    http://blogs.reuters.com/faithworld/2009/12/14/as-darwin-year-ends-some-seek-to-go-beyond-darwin/

    http://www.reuters.com/article/idUSTRE5AN33M20091124

    5) Le Monde ( le quotidien) a publié un article de Jean Staune concernant le caractère reproductible de l’évolution et qui utilise Avatar comme illustration
    http://www.lemonde.fr/opinions/article/2010/01/21/le-non-darwinisme-visionnaire-de-james-cameron-par-jean-staune_1295072_3232.html

    Cet article a crée un « buzz » énorme : pendant 2 Jours cet article a été le plus envoyé de tous par les lecteurs du site Le monde.fr (et le numero 6 dans les articles les plus commentés) et il a eu un énorme impact sur les blogs et les forums ( des « pour » comme des « contre »). 4 articles au total en incluant celui de Jean Staune) sont paru dans le Monde sur ce sujet

    6) Le Monde a publié un deuxième article de Jean Staune. Cette fois-ci c’est une chronique et non un point de vue (donc diffusion uniquement par internet). Mais elle a été sélectionnée par la rédaction parmi les 3 plus importantes chroniques du 5 février et a figuré donc sur la « home page » du Monde

    http://www.lemonde.fr/opinions/chronique/2010/02/05/darwinisme-et-rechauffisme-meme-combat_1301374_3232.html

  • « On a commencé avec le réchauffement climatique et les vaccins, on continue maintenant avec l’évolution. Formidable … »
    OUI et c’est pas fini c’est juste le début; je vous prie de me croire :
    le 1 er Avril ( c’est PAS un poisson) parution de « De la génétique à  Dieu » … par l’un des plus grand généticien en activité

    PS je ne fais pas de la pub, j’informe, nuance -)-)

    • D’expérience, l’intérêt scientifique d’un livre est inversement proportionnel à ses invocations de Dieu (que ce soit dans un sens ou dans l’autre, je n’ai pas pu lire plus de quelques pages de « pour en finir avec Dieu » tant c’était plein de lieux communs). Ce qui est sûr, c’est que c’est populaire et que ça fait vendre, dommage que l’une des conséquences soit que le rayon « ésotérique » côtoie le rayon « science » à la FNAC.
      Quant à Francis Collins, c’est comme Simon Conway-Morris : ils sont certainement très compétents scientifiquement, mais comme je le dis à la fin de ce billet, ils devraient peut-être s’abstenir de revenir si souvent à leurs opinions religieuses.

  • Si c’est bien de Jean Staune qu’il s’agit, et compte tenu de ce que je lis, pourquoi réfusez-vous le terme de « polémiste chrétien » que j’ai utilisé à votre égard dans le « monde »?

    Que l’on fasse de l’agit prop autour de la science et la religion, comme vous faites, ça ne me choque presque pas, mais ça ne fait pas avancer la connaissance du tout. Ce sont les manips, les calculs etc. sur les embryons. qui font avancer la connaissance, et c’est ça qui intéresse les scientifiques genre Tom Roud ou moi-même. Il me semble, mais je peux me tromper, que vous n’avez pas le doctorat, encore moins l’HDR; qu’on me contredise si je me trompe.

    Par ailleurs je suis très choqué de lire l’amalgame entre le darwinisme, le réchauffisme, et le grippisme sous la forme exaltée de Jean, vs la forme lasse de Tom. Pour une raison assez simple: on peut tous s’étriper sur l’évolution des animaux depuis le précambrien, ça reste floklorique. franchement, ça concerne des trucs qui se sont produits il y a 400 Ma, y’a pas de quoi fouetter un chat. Mais la grippe et le réchauffement concerne mes enfants, leur santé et leur avenir. On ne peut pas plaisanter avec ça.

    • Je n’ai pas de raison de penser qu’on ait affaire à un « faux » Jean Staune. Complètement d’accord sinon. Et un peu effrayé de voir le mouvement de fond « anti-science » sur la grippe, le réchauffement, etc … justement, qui arrive jusque dans les pages Opinions des grands media.

  • Suis pas sur que le mouvement anti-science arriver aujourd’hui dans les pages opinions des grands médias. J’ai l’impression qu’il est là depuis environ… les origines de la science, non ?

    Et vous savez quoi ? Je viens de lire un article qui remet en cause la version classique neo-darwinisme… sans évoquer ni Dieu ni création, ni lois de la Nature immuables…. Et sans citer Conway-Morris ni Trinh Xuan Thuan ni Bernard d’Espagnat… Pas même de Vincent Courtillon ! Dingue, non ? Ahh ! Ca fait du bien !

    http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/2010/02/08/a-propos-de-la-selection-naturelle/

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