Requalifiez-moi

J’apprends via David Monniaux que la campagne de qualif’ est ouverte…

Je crois que ces histoires de qualification constituent l’un des trucs les plus absurdes du système universitaire français. Dans ma discipline, par exemple, il suffit d’avoir un papier en tant que premier auteur, ce qui est (presque) le minimum syndical pour avoir sa thèse. Autant dire que du coup la qualification est une simple formalité, ce qui ne l’empêche pas de prendre du temps et d’être très embêtante quand vous êtes à l’étranger.

Mais le plus absurde est que la qualification décroît exponentiellement avec le temps, et qu’au bout d’un certain nombre d’années, il faut se requalifier. C’est par exemple mon cas cette année. Evidemment, vu que je n’ai pas vraiment glandouillé depuis ma première qualif’, l’exercice ne devrait pas être plus difficile que la première fois, et j’ai encore plus de mal à saisir son intérêt… Enfin, comme je n’exclus pas de me (re)présenter en France le printemps prochain, il va falloir que je me mette au boulot (soupir).

11 réflexions au sujet de « Requalifiez-moi »

  1. Dans la période lointaine où je me préoccupais de l’évolution du système Français, j’avais analysé un peu les questions de qualif; pour arriver à la conclusion que c’est très différent selon les sections.

    En gros la plupart des sections de Sciences utilisent, comme tu le décris, la qualif comme une simple formalité, conceptuellement un filtre très lâche pour éliminer les gens qui n’ont vraiment rien à faire dans le système (bon, ces gens-là ne devraient jamais passer devant une CSE dont en théorie c’est redondant, mais quand on voit les gloomieries que sont capables de faire certains CS…). Autant dire que pour quelqu’un qui fait son travail, c’est une pure formalité qui ne fait que rajouter une couche de lourdeur administrative. Dans les chiffres, ça se repère à des taux de qualif très élevés, du genre 85 ou 90 % des candidats qui le demandent sont qualifiés; mais après derrière, il y a 8 candidats par poste.

    A l’inverse, des sections de droit en particulier ont (enfin, avaient, il y a 5 ans) une approche totalement différente; en ne qualifiant qu’un très petit nombre de candidats (taux de succès à la qualif de 25 %, mais derrière entre 1 et 2 candidats par poste) : dans les faits, elles transformaient la qualif en une sorte de recrutement ou de pré-recrutement national, ne laissant ensuite aux CSE que le rôle de se répartir les candidats entre elles. Je pense que dans ces sections, ce n’est pas vécu comme une formalité…

    Bon, sinon je ne t’étonnerais pas en évoquant tout le mal que je pense de cette fumisterie, et ne me lance même pas sur la question du CNU en général …

  2. Bon courage Roud’ !

    Il y a deux ans, j’ai dû refaire ces conneries aussi. Reprends ton ancien dossier, fais du copier-coller de dossier précédent, mais surtout : vérifie les nouvelles pièces éventuelles à apporter au dossier (en particulier : états de service en tant qu’enseignant/moniteur, obtenus à l’arrache dans mon cas et qui sont super pratiques à obtenir lorsque l’on se trouve à l’étranger, bien entendu).

    Anecdote : 4 ans après ma première qualif., une section ne m’avait pas requalifié ; et vu le rapporteur que j’avais eu, je savais à l’avance que ça pouvait bloquer, tant certaines personnes dans cette section sont sectaires (ha ha ha). Bref… un mal typiquement français.

  3. Pareil… Faut que je copie-colle+mise-a-jour de mon pave d’il y a 4 ans… Mais j’ai perdu les attestations dans les multiples demenagements, et je n’ai evidemment pas fait 1 minute d’enseignement depuis la derniere fois… On va voir ce que ca veut bien donner. Pffff…

  4. @Mawashi > « une section ne m’avait pas requalifié » mais il suffit d’être qualifié dans une section pour pouvoir postuler dans toutes !

  5. @pablo : Ça, c’est la théorie. Dans la pratique, des membres chafouins d’une commission peuvent arguer que ton dossier n’appartient pas à la bonne composante et profitent de cet argument pour ne pas te sélectionner. Et certaines personnes de la section qui ne m’a qualifié font justement partie de cette catégorie d’animaux. Dans les CS, tous les coups sont permis et cela se joue parfois à très peu. Il vaut donc mieux protéger ses arrières en minimisant le nombre de poux qu’on pourrait te trouver dans la tête.

  6. Comme disait mon ex-boss, face à une CS, c’est comme du bowling où chacun essaie de faire tomber les quilles des autres. Du coup il faut pas forcément être le meilleur, il faut avoir le moins d’aspérités…

  7. Mawashi, Mix : Toutes ces histoires c’est un peu comme ces trucs de « il m’a pas donné mon permis de conduire, parce que j’étais un peu trop à gauche/à droite/rapide/lent » (rayez la mention inutile), sous entendu « comme c’est injuste d’être recalé sur une broutille ». En fait bien sûr, le permis on ne l’a pas parce que l’inspecteur « sentait » bien que le conducteur n’était pas mûr pour être lâché en sécurité sur la route, mais il a bien fallu qu’il s’accroche à des éléments concrets, objectifs, défendables le cas échéant devant un recours, ou en tout cas explicables si on lui pose une question.

    C’est un peu pareil avec les CS, à mon avis. Bon, il y a des choses qui sont très « discipline spécific », et il y a des exceptions aussi, mais par chez moi une CS a en général, collectivement, une assez bonne idée de qui elle veut embaucher. Tout les arguments qui pourront être sortis pendant les discussions ne viseront guère qu’à donner une patine objective à une décision qui a déjà été prise, de façon plus ou moins explicite (ceci dit, ça marche en géol qui est un tout petit domaine où tout le monde connaît tout le monde, c’est peut être moins vrai dans les grosses sections où il y a des centaines de personnes).

    D’où le point de vue, que j’ai déjà exprimé ici ou ailleurs : ne vous stressez pas trop pour l’audition ni même pour le dossier, de toutes façons la décision est prise assez indépendamment de tout ça, dans 80% des cas (en tout cas en géol, encore une fois c’est possible que dans les grosses disciplines ça se passe autrement). L’argument alakon qu’on vous sortira pour expliquer que « vous n’avez pas été retenu, parce que … », en fait, n’est que le prétexte; ou pour le dire de façon plus gentille, l’élément objectif, concret, observable, qui permet de justifier une décision que la commission « sentait » sans pouvoir la formuler. (et oui, je peux témoigner que ça marche dans les deux sens : j’ai été jeté sur des postes pour lesquels j’avais fait, de l’avis général, une « très bonne audition et une excellente impression »; pour finir par être pris sur un poste en faisant « une audition assez médiocre », je cite dans les deux cas…).

  8. Comme disait mon ex-boss, face à une CS, c’est domme du bowling où chacun essaie de faire tomber les quilles des autres. Du coup il faut pas forcément être le meilleur, il faut avoir le moins d’aspérités…;

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