Black Swan : addendum

On peut ne pas être d’accord sur tout, mais Taleb dit des choses assez vraies sur certains biais de raisonnement. Voir par exemple ce splendide article du Figaro, nous annonçant que le virus de la Grippe A ne devrait pas muter. Hé, absence de preuves de mutation possibles chez le furet ne veut pas dire preuve de l’absence de mutations ! Attention au cygne noir, en l’occurence un seul cochon, oiseau ou sanglier contaminé par X grippes et Y autres maladies qui peut trouver le moyen de recombiner le virus malgré tout. Si jamais cela arrive , on va encore taper sur les scientifiques trop  arrogants…

2 réflexions au sujet de « Black Swan : addendum »

  1. Je n’ai absolument aucun avis sur le fond, en l’occurrence la grippe A.

    Mais vous prenez là  exactement un exemple de ce qui me gène avec Taleb : le label « cygne noir, trademark Taleb » regroupe de manière très confuse des choses bien différentes, tout en prétendant créer un nouveau concept. Prenons donc des exemples de la règle au demeurant fort vraie « l’absence de preuves n’est pas la preuve de l’absence ».

    Quand, mettons, Nicolas Sarkozy était ministre de l’Intérieur, il a constaté que ses services parvenaient à  élucider nettement plus d’affaires que sous ses prédécesseurs. C’est donc selon lui qu’il a contribué à  la lutte contre la criminalité.

    Quand, mettons, Newton étudiait le mouvement des corps, il a formulé une théorie assez remarquable dans laquelle un objet peut se mouvoir à une vitesse arbitrairement rapide, pourvu que la force qui le propulse soit assez grande. C’est donc selon lui qu’il n’y a pas de limite absolue à la vitesse que peut atteindre un corps.

    Quand, mettons, Hume était vivant, il a constaté que le soleil se levait à  chacun des jours où il était vivant. C’est donc selon lui que le soleil se lèvera chaque jour.

    Je polémique, mais il me semble que ces trois exemples correspondent à  la règle de « absence de preuves, preuve de l’absence ». Cependant on préfèrerait plutôt analyser en quoi ces trois exemples sont complètement différents, et pourquoi et dans quelle mesure on souscrit à  certains plutôt qu’à  d’autres, plutôt que les unifier en bloc sous un même concept de « black swan »…

  2. Disons que dans le cas de la grippe A, cela correspondrait vraiment à cette idée d’événement rare et relativement imprévisible. C’est comme ça que j’interprète le « black Swan ». Pour le reste, je pense qu’il s’agit plus de critiques de l’inférence et de l’induction, pas des black swan proprement dits. Mais c’est vrai que Taleb mélange un peu tout, en même temps il revendique le fait que son livre soit une collection d’anecdotes…

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