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La science doit-elle être rentable ?

Telle fut la question posée par Geoffrey W. Smith à l’occasion d’un symposium ce soir à New York. Je ne pouvais évidemment pas manquer cela, et je résume dans la suite les points saillants de l’intervention.



1930 : le début du NIH

L’histoire de la science biomédicale américaine financée par des fonds public commence réellement en 1918, lorsque plusieurs chimistes américains s’organisent pour essayer d’appliquer les dernières avancées du domaine à la médecine. Ils fondent alors un institut de recherche, lancent un appel au don, et recherchent un généreux philanthrope. Malheureusement, point de téléthon à l’époque, et nos amis chimistes n’arrivent guère à soulever les fonds. En 1926, nos chimistes décident alors de s’allier à un sénateur démocrate, Joseph Ransdell, pour changer la législation US et demander des fonds fédéraux pour financer l’institut. Après 4 ans de bataille, Ransdell parvient à faire voter un texte en 1930 qui va changer la recherche scientifique, en fondant réellement le NIH (National Institute of Health) et surtout autorisant pour la première fois l’état fédéral à dépenser de l’argent public dans le but de financer des recherches scientifiques.


La recherche scientifique : une exception au marché

A ce stade on peut s’interroger : pourquoi les USA, temple du libre marché, ont-ils ressenti le besoin de faire appel à la puissance étatique pour investir dans la science ? Smith s’est alors lancé dans une discussion économique de la connaissance scientifique. La science est, fondamentalement, un bien public :

Un bien public est, en science économique, un bien ou un service dont l’utilisation est non-rivale et non-exclusive, c’est-à-dire que la consommation du bien par un individu n’empêche pas sa consommation par un autre (non-rivalité), et qu’il n’est pas possible d’empêcher une personne de consommer ce bien (non-exclusion)

L’un des problèmes bien connus en économie est que les biens publics échappent naturellement aux lois du marché. Par exemple, la production de biens publics donne lieu à l’apparition de profiteurs (free-riders en anglais). Prenons comme exemple un autre bien public : la défense nationale. A partir du moment où vous vivez sur un territoire et que d’autres paient pour la défense, vous n’avez vous-même aucune incitation à contribuer à cet effort. Pour la science, l’exemple typique est la science appliquée par les entreprises à partir de recherche fondamentale. Une fois que la recherche fondamentale est publiée, les entreprises n’ont aucun intérêt à financer d’autres recherches fondamentales, mais tout intérêt à investir dans les recherches très appliquées. Du coup, personne n’est incité à investir dans le fondamental.

Un autre problème économique est ce qu’on appelle en anglais le « Spill over » : il est difficile de « vendre » une connaissance scientifique car en donnant de l’information sur cette connaissance à un acheteur, on modifie sa valeur. Si on n’en dit pas assez sur sa connaissance scientifique, l’acheteur potentiel (l’entreprise intéressée par votre découverte) ne peut pas l’estimer correctement. Si on en dit trop, on donne littéralement la connaissance scientifique gratuitement.

Deux autres phénomènes font que la science échappe naturellement aux lois du marché : la science est un bien durable, qui ne se dégrade pas à mesure qu’on s’en sert. Enfin, la science est quelque chose de fondamentalement incertain; on ne peut pas prévoir les découvertes futures et donc on ne peut pas choisir où investir.

Pour toutes ces raisons, la connaissance scientifique ne peut être traitée comme un bien matériel. La solution naturelle à tous ces problèmes est de financer la recherche sur des fonds publics. Il peut aussi le cas échéant y avoir de semi-privatisations de la connaissance (comme par exemple la propriété intellectuelle).

1945-1980 : La République des Sciences

Après la seconde guerre mondiale, les progrès scientifiques s’accélèrent. L’agenda scientifique US de l’époque est résumé par Vannevar Bush, conseiller scientifique de Roosevelt, dans un texte intitulé « Science, the endless frontier »:

Discoveries pertinent to medical progress have often come from remote and unexpected sources, and it is certain that this will be true in the future. It is wholly probable that progress in the treatment of cardiovascular disease, renal disease, cancer, and similar refractory diseases will be made as the result of fundamental discoveries in subjects unrelated to those diseases, and perhaps entirely unexpected by the investigator. Further progress requires that the entire front of medicine and the underlying sciences of chemistry, physics, anatomy, biochemistry, physiology, pharmacology, bacteriology, pathology, parasitology, etc., be broadly developed.

Les découvertes entrainant les progrès médicaux ont souvent pour origine des domaines obscurs ou inattendus, et il est certain qu’il en sera de même à l’avenir. Il est très probable que les progrès dans le traitement des maladies cardio-vasculaires, rénales, du cancer et d’autres maladies similaires seront le résultat d’avancées fondamentales dans des sujets sans rapport avec ces maladies, et peut-être même d’une façon totalement inatttendue pour le chercheur spécialiste. Les progrès futurs nécessitent que la médecine toute entière, et les sciences fondamentales telles que la chimie, la physique, l’anatomie, la biochimie, la physiologie, la pharmacologie, la bactériologie, la pathologie, la parasitologie. etc… soient largement développées.

Ces années se caractérisent donc aux US par des investissements publics massifs : pendant toute cette période, la croissance absolue par an des investissements publics dépasse celle des investissements privés dans la recherche biomédicale. Smith baptise cette période la République des Sciences, du nom d’un article de Michael Polanyi, « The Republic of Science« . La norme du comportement scientifique associé est énoncée dans un article de 1942 de Robert Merton et porte le doux nom de « CUDOS » pour :
– « Communalisme » : la science appartient à toute la communauté scientifique
– « Universalisme » : tout le monde peut contribuer à la science, indépendamment de sa culture, sa couleur de peau, …
– « Desintéressement »
– « Originalité »
– « Scepticisme » : les scientifiques doivent conserver un regard critique sur leurs propres recherches et celles des autres.

Smith affirme que d’une certaine façon, ces règles ont permis l’émergence d’une collectivité créatrice, similaire en bien des points au libre marché. L’information libre et gratuite est la publication scientifique, les gens agissent dans leur propre intérêt scientifique, mais doivent se tenir au courant du reste de la science pour ne pas se faire dépasser par la concurrence, etc…


1980 : La naissance de l’Empire

Tout change en 1980 à la suite de l’élection de Reagan. L’administration américaine constate en effet la chose suivante :
– sous le régime de l’époque de la NIH, les brevets des découvertes faites avec de l’argent public appartenaient à l’état. Mais seulement 5% de ces brevets débouchaient sur des applications commerciales concrètes
– la production scientifique consistait trop en production de biens publics, et n’était pas assez financièrement rentable.

Le gouvernement estime donc qu’il n’en a pas assez pour son argent, et met en place un agenda de privatisation de la recherche sponsorisée par le gouvernement. L’un des exemples en est le Bayh-Dole Act en 1980 qui donne aux universités et aux petites entreprises le droit de déposer en leur nom propre des brevets pour des recherches faites avec des fonds publics. En parallèle, la jurisprudence sur la propriété intellectuelle évolue, notamment après le cas Diamond vs Chakrabarty : Chakrabarty voulait breveter une bactérie génétiquement modifiée. Le bureau des brevets lui a d’abord refusé ce droit au motif qu’une bactérie est un être vivant. L’affaire va jusque la cour suprême, qui finalement affirme qu’un être vivant peut-être brevetable à partir du moment où il est « fabriqué » artificiellement.

Ces différents changements amènent à l’émergence de ce que Smith a appelé le régime de la technologie, avec la domination des sciences appliquées. Tout le but des législations sous Reagan était de rendre la science rentable. A partir de ce moment, le CUDOS était périmé : il vaut mieux garder les connaissances pour soi, le désintéressement est de l’idéalisme déplacé, l’originalité est non pertinent tant qu’on a la rentabilité, quant au regard critique, il vaut mieux le mettre de côté quand il s’agit de convaincre les investisseurs.

L’impact de cette série de textes a été incroyable : en 20 ans, le nombre annuel de brevets a été multipliés par dix, plus de 4000 entreprises de biotechnologies voient le jour, pour la première fois, les dépenses de R&D d’origine privée grimpent plus vite que les dépenses d’origine publique… Tout cela aboutissant finalement :

2008 : le complexe académico-financier

Aujourd’hui, c’est l’empire de la technologie qui domine la recherche scientifique. Smith a décrit l’effet de ces textes de loi de la façon suivante, en citant plusieurs déclarations piochées dans les journaux : pour faire simple, les entreprises font leur recherche et développement dans les universités, elles-mêmes financées essentiellement par les fonds publics. On en est au point où les entreprises envoient des employés chapeauter les recherches à l’université, comme je l’avais raconté l’an dernier.En parallèle, les cas de fraude ont explosé : Nature a relaté en 2005 que près de 16% des scientifiques américains ont reconnu avoir publié des résultats manipulés d’une façon ou d’une autre.

On est donc passé de la logique de la République des Sciences, où le gouvernement finançait la recherche qui ne pouvait pas être profitable aux entreprises à l’Empire de la technologie où le gouvernement finance à l’université les programmes de R&D des entreprises privées.

Smith livre donc le diagnostic suivant sans appel : il faut absolument revenir en arrière, et tenir recherche fondamentale et recherche appliquée pour les entreprises séparées. Le gouvernement doit se contenter de financer les recherches non rentables (fondamental public); les recherches rentables doivent être financées quasi-uniquement par le libre marché et les entreprises (technologie privée). Smith donne comme exemple assez parlant la recherche sur les cellules souches : lorsque Bush a coupé les vivres, de nombreuses compagnies privées se sont substituées à l’état pour financer ces recherches. Pourquoi alors financer des labos qui trouveraient de toutes façons de l’argent dans le privé du fait des lois du marché ? Pourtant, les fonds publics sont aujourd’hui en priorité alloués à des recherches appliquées de ce type, en contradiction totale avec une simple analyse économique.

Mais me direz-vous, les investissements en science ont pourtant très bien progressé depuis 1980 ? N’est-ce pas la preuve de l’efficacité du régime de la technologie ? Smith pense qu’une grande partie des progrès faits depuis est dû au « spill over » et aux « free-rider » évoqués plus haut : les entreprises ont selon lui bénéficié à plein des recherches fondamentales faites encore dans le public, dont toutes les applications n’avaient pas encore été épuisées, car la constante de temps est très longue. Pensez que Vannevar Bush dont je parle plus haut est considéré comme un père de l’hypertexte ! Mais la situation ne sera plus viable très longtemps à mesure que la part des financements fondamentaux diminue. De fait, à titre personnel, je trouve certainement que beaucoup de littérature scientifique dans des domaines « de pointe » est très très loin d’obéir aux critères du CUDOS …

Smith a conclu sur trois recommandations :
– concentrer les financements publics sur la recherche fondamentale. Le gouvernement doit investir là où les compagnies privées ne vont pas investir,
– ouvrir encore plus la communication scientifique. Obliger à publier dans des revues en accès libre et sur internet
– réformer la propriété intellectuelle. Mettre en place des exceptions pour la recherche. Elever les critères d’originalité pour déposer un brevet.

Tout cela dans le but rappeler cette vérité fondamentale : la science est un bien public. Et Smith de donner la réponse au titre de ce billet : non, la science ne doit pas être rentable.

PS : Smith n’a rien d’un gauchiste illuminé, il a affirmé croire au marché pour l’économie et a lui-même fondé des start-up.

About the author

Tom Roud

Nanoblogger scientifique, associate professor incognito (ou presque). Suivi par @mixlamalice

25 Comments

  • Voilà un compte-rendu rapide et synthétique.
    La problématique « la science doit-elle être rentable? » pourrait être abordée d’une manière assez voisine en ce qui concerne la France. C’est-à-dire en prêtant attention à l’évolution des idées et comportements des « décideurs » tout au long du vingtième siècle et en ce début du 21e.

  • Merci pour vos commentaires.
    Ce que je trouve fascinant moi aussi est la comparaison France/Amérique, et les influences idéologiques sur Sarkozy en particulier des Républicains « à la Reagan » – plutôt d’ailleurs en opposition avec l’autre partie de la droite française. Dans un domaine complètement différent, il y avait déjà la « France des propriétaires » qui était en fait une reprise d’une doctrine de Thatcher prolongée par Bush (« ownership society« ). On s’aperçoit aussi que la vision de la science de Reagan a gagné la France ces jours-ci, avec notamment cette confusion sciences/technologie et ce but plus ou moins avoué de sous-traiter les besoins des entreprises à l’université, depuis la formation jusqu’à la recherche et développement.

  • C’est dommage que l’article de Michel Callon ne soit pas en accès libre; si la science est une « public good », sa publication ne l’est pas 😉 (c’est malheureusement notre lot commun à tous)

  • merci TOM pour ce compte-rendu,
    aussi j’habite New York, dans l’Upper West Side

    Si on s’intéresse au CV de SMITH, voici un lien:
    http://www.abvlp.com/team.html

    (et comme vous avez dit, il n’est pas du tout « gauchiste illuminé » —
    Mister Smith était un « corporate attorney » même avant se mettre aux start-ups en biotechnologie)
    see ya IRA

  • Il y a un point que tu n’as pas aborde, et je me demandais si c’etait juste pour le resume, ou si ca n’a pas ete aborde du tout a la conference: le complexe militaro industriel. V. Bush a ete un des grands instigateurs du systeme avant guerre, et la guerre a evidemment accelere le processus. Les annees 80 de leur cote coincident avec la perte d’influence de l’URSS.

    Personellement, pour cette raison, j’ai du mal a etre convaincu par le concept CUDOS. Cela me parait plus proche d’une chimere, ou d’un ideal auquel on aimerait bien aspirer en tant que chercheur que d’une realite ayant jamais eu lieu. Cela dit, il y a peut etre des differences fondamentales entre champs scientifiques: l’influence du contexte geopolitique a ete plus grand sur tout ce qui touche a l’informatique et aux sciences de l’ingenieur dans un sens tres large qu’a la biologie par exemple.

  • hello DAVID,
    good point, few USA institutions after WWII (including science) were left unmarked by the military-industrial complex

    … by the way I’ve been speaking English for more than a half century and had never before come across the acronym CUDOS

  • Désolé de répondre un peu tard
    @ david : la conférence se focalisait essentiellement sur la recherche en biologie , d’où probablement l’absence de référence au complexe militaro industriel. Mais je pense que tu as raison évidemment.

    @ IRA and David: it is the first time for me as well I have heard about this CUDOS business. Nevertheless, I think this actually corresponds to my own scientific ethics and ideal, that was worth mentioning, and I will carefully read the linked papers when I have time. As a young French scientist, considering all the turmoil around French Science these days, I find it quite interesting to see that the implicit vision of Science French scientists tend to believe in was theoretized and discussed a long time ago.

    BTW, Ira, what language do you prefer for communication with French Science bloggers and their bad English?

  • […] with R. Voir aussi ici ou là.RSS Micro, un nouvel outil pour chercher des/dans les fils RSS.La science doit-elle être rentable ?.Citations des ressources électroniques dans les publications scientifiques : analyse comparée et […]

  • Hi TOM, This comment is going to put three consecutive IRA’s on your site’s front page, yikes! I like to see variety, you know what I mean ?!

    about French, please feel free to respond entirely in French if that suits you, heck! I even read DIRTY DENYS, so I think I can handle myself just fine LOL

    now, a propos de l’anglais des scientifiques blogueus francais –>
    you guys are amazingly skilled, it’s very impressive …. however, I do wonder sometimes whether some of the English skills go much past scientific journals
    (alors, pas vous, TOM, puisque vous etes un vrai scientifique new yorkais)

    so, I have a question about MY English
    I know I mix things up a bit — that is, I TRY to be SPONTANEOUS lol paradox lol — and in the question existentielle thread, I have gone imaginative ooooohhh! scary! — ceci dit:

    Is my English in these comments generally understandable to native FR speakers?
    (I’m not exactly referring to the style I have just used in this box, but more generally, lorsque je fais mon scientifique ^^)

    have a good day, yesterday was dark and rainy, but today I see the Hudson over the Sun (you’re probably in sight of the East River — most New York scientists seem to work in the shadow of the United Nations, it’s called an International Zone of Materialistic Reason)

    on the West Side we do have Natural History + the planetarium (which Tina Fey as Sarah Palin referred to on SNL as « that goofy dinosaur museum » ^^)

    IRA

  • Salut IRA,
    je n’ai aucun problème à vous comprendre. Cela dit, effectivement, je pense que mon anglais s’est bien amélioré depuis mon arrivée à NYC, et qu’avant cela, mon anglais écrit et parlé était essentiellement scientifique. C’est seulement maintenant que je commence à découvrir la face cachée de la langue.
    Malheureusement, pas de vue de l’East River depuis mon bureau, mais je ne suis pas très loin il est vrai, c’est vrai qu’il y a une bonne concentration d’instituts dans ce coin ! J’aime beaucoup le museum d’histoire naturelle : j’y passe régulièrement des après-midi entiers, je suis adhérent. J’adore en particulier la galerie de dinosaures que je trouve super bien faite.

  • Tout à fait d’accord avec les conclusions de Smith. Mais la situation est encore plus complexe. Un pays comme la France considère que, les découvertes des sciences fondamentales étant en accès libre, il est inutile de dépenser pour ce secteur. C’est erroné, pour deux raisons:1) c’est le domaine des sciences fondamentales qui attire les meilleurs scientifiques, donc l’absence d’investissement favorise la fuite des cerveaux; 2) l’exploitation en terme de recherche appliquée est quand même liée aux personnes et technologies impliquées dans la recherche fondamentale et se déroulera souvent aux mêmes endroits.

  • Ce post est très intéressant, mais il me semble quand même qu’il se base sur un présupposé assez faux, à savoir que l’argent privé arrive sans problème pour financer des applications… C’était sans doute vrai dans les années 70-80, à l’époque, on pouvait lancer une molécule dans les phases 0 ou 1, en ne levant qu’une petite dizaine de millions aupres des venture capitalistes… Mais aujourd’hui avec des normes de sécurités/tests plus rigoureux, et surtout beaucoup de foirages, il faut plutot lever 100 millions, ce qu’aucun venture n’a… Donc il y a bien un trou, les entreprises ne financent que ce qui est rentable, donc des molécules arrivées en phase 3!

    D’accord donc que la science ne doit pas être rentable, mais paradoxalement aujourd’hui, ca veut justement dire investir dans la recherche translationnelle !

  • Bonjour,

    Merci pour cet article intéressant. Savez-vous où je pourrais me procurer le texte de la conférence de Smith ?

    Merci d’avance !

  • Bonjour Mr, Mme
    Nous sommes un groupe de professionnels qui accordent des prêts financiers à toute personne sérieuse et solvable ayant une activité génératrice de revenus. Nous sommes disposés à vous octroyer le prêt dont vous désirez et durant une durée de remboursement allant jusqu’à 10 ans suivant un taux fixe nominal de 2 %. J’accorde des prêts à des personnes en vie à tout l’Europe et partout dans le monde (France, Belgique, Suisse, la Roumanie, l’Italie, l’Espagne, le Canada, le Portugal, l’île Marshall…). Alors si vous êtes intéressées, veuillez bien vouloir nous contacter par mail pour plus d’information :
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