Blog Non classé Sciences

Why blog ?

La question traverse la blogosphère scientifique anglophone : pourquoi tenir un blog, en tant que scientifique. Timothée nous a livré sa réponse sur son propre blog et a transformé cet exercice en chaîne de tags (sur ma suggestion hin hin). Il m’a du même coup incité à poursuivre l’exercice. Il me faut donc sortir de ma léthargie et livrer quelques raisons pour bloguer en tant que scientifique, de préférence différentes de celles que nous avions décrites avec Enro dans un billet du c@fé des sciences. Je vais en donner 6, le chiffre magique du tag du blog (et le chiffre du démon, n’est-ce pas la meilleure illustration de la malfaisance suprême d’internet ?)

1. tenir un blog m’amuse d’abord. J’aime bien parler de sciences, j’aime bien faire joujou avec le HTML, les plug-in wordpress (oh regarde la jolie sphere de tags ), j’aime bien discuter avec les gens sur le web; bref, tenir un blog satisfait à la fois mes tendances nerdy et procrastinatrices. Le côté scientifique (me) permet d’avoir le sentiment de perdre mon temps utilement.

2. Le blog peut servir de bloc-notes, d’aide mémoire. Par exemple, il m’est arrivé de relire un billet parlant d’un papier plutôt que le papier lui-même pour me rafraîchir la mémoire (exemple 1, exemple 2; je m’aperçois d’ailleurs que certaines pages wikipedia mériteraient d’être améliorées …).

3. Tenir un blog incite à faire de la bibliographie. On cherche toujours de nouveaux sujets de billets originaux, dans tous les domaines. C’est vraiment très utile, surtout quand on fait de l’interdisciplinaire…

4. J’apprécie beaucoup le blog en tant qu’ expérience sociologique. Des clans se forment et se déchirent, des polémiques naissent et meurent, des stars montent et disparaissent … La blogosphère, c’est un peu un jeu de rôle grandeur nature, mais un jeu de rôle qui finit par interagir avec le réel : il suffit de voir comment les analyses d’Eolas par exemple se retrouvent de plus en plus dans les médias traditionnels. J’aime bien cette espèce de méritocratie blogosphérique aussi, qui fait que des gens émergent de l’internet; j’aime bien voir que le monde hors blogosphère est obligé de suivre le mouvement, j’aime bien voir les tentatives des uns et des autres pour se faire entendre, pour essayer de faire porter sa voix dans le bruit de fond. J’aime bien tout ça, et j’aime avoir le sentiment d’y participer, notamment par l’intermédiaire du collectif du c@fé des sciences.

5. Tenir un blog permet de briller en société (si, si). Par exemple, imaginons qu’au détour d’une conversation mondaine, on se mette à parler des sondages, et bien, vous pouvez ramener votre science et raconter que vous avez lu une publi très intéressante sur les magouillages de sondages en 2007, et que vous avez mis le lien en résumé sur votre blog ! On parle du chat de mémé ? Racontez la généalogie des chats ! Des problèmes de raccourcis claviers ? Des débats sur le réchauffement climatique ? L’avantage du blog, c’est qu’on a toujours réponse à tout, car on a souvent écrit un billet relié dans le passé. Bon l’inconvénient c’est que les autres risquent de vous trouver un peu lourd avec votre blog.

6. Tenir un blog permet, aussi, de faire de la science. Je profite de ce mème pour tenter de lancer vraiment une étude plus scientifique de propagation des mèmes blogosphériques, un peu plus motivée et construite que ce que j’avais fait prédédemment. Comme nous sommes sur la blogosphère, il faut être complètement transparent, et mon objectif sera :
– de vérifier si la propagation « linéaire » observée dans le mème précédent est vraie
– d’étudier la dynamique de propagation : je suppute qu’il y a des « burst » de propagation exponentielle dans cette variation linéaire; le succès de la chaîne dépend sûrement du nombre de ces bursts
– d’étudier si la dynamique de propagation du mème se fait par « clusters » de blogs regroupés thématiquement. Autrement dit, peut-on, à partir de cartes de propagation, reconstituer des groupes de blogueurs thématiques.
– de voir si d’autres trucs curieux apparaissent.
Evidemment, il est parfaitement possible que tout cela ne marche pas; rien ne dit que la mayonnaise prendra, mais c’est le jeu !
Je répertorierai tout sur la page suivante :

http://tomroud.cafe-sciences.org/meme-why-blog/

Je suis content de prendre ce train au début en tous cas . Si jamais par bonheur ça marche et qu’on voit vraiment quelque chose, je m’engage aussi à essayer de publier les résultats dans une revue scientifique … sous mon pseudo de blogueur !

Je vais modifier un peu la règle pour ce tag pour ne pas se limiter aux scientifiques :
– donner 6 raisons pour lesquelles quelqu’un exerçant votre profession devrait ABSOLUMENT tenir un blog sous peine de faute professionnelle grave 😉
– désigner 6 victimes expiatoires pour poursuivre la chaîne
– si vous avez le temps, mettre un commentaire sur la page suivante :
http://tomroud.cafe-sciences.org/meme-why-blog/
avec un lien vers votre billet contenant la réponse à la question « why blog » et la thématique de votre blog (typiquement les critères de wikio, science, droit, politique – avec si possible le parti pour les blogs vraiment engagés) . La page sera régulièrement remplie et mise à jour par mes soins (en espérant qu’on dépasse la génération 1 !).

Il me faut maintenant choisir avec soin mes victimes, chargées de propager la bonne parole. Spontanément, je me suis aperçu que j’aurais bien désigné quasiment les mêmes personnes que lors du tag précédent, preuve qu’il y a probablement des choses à explorer 😉 . Je désigne donc :
Xochipilli,
André Gunthert,
Pablo,
– Thomas de Vagabondages,
Blog à Maths,
– en enfin, histoire de sortir un peu de la blogosphère scientifique, en croisant les doigts pour qu’il ait une descendance aussi prolifique que la fois précédente, notre vénérable ancêtre à tous j’ai nommé Monsieur Pingouin, qui, je l’espère, nous expliquera pourquoi il est indispensable de tenir un blog depuis la banquise !

About the author

Tom Roud

Blogger scientifique zombie

14 Comments

Leave a Comment