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Mère porteuse : votre avis ?

La plupart des blogs politiques que je fréquente n’a pas réagi  au nouveau projet sur les mères porteuses, à l’exception de Koz, qui s’en tient toutefois à une critique de la démarche politique. Un petit avis de scienfitique (moi), sur le mode « la science avance, mais est-ce un progrès » ?

A chaque fois qu’un nouveau débat commence sur des questions éthiques posées par la science, je ne peux m’empêcher de penser à Jacques Testart et à son livre, « L’oeuf transparent ». Résumons en quelques mots sa thèse : lorsqu’une innovation scientifique apparaît, elle se trouve systématiquement appliquée en dépit des conséquences éthiques ou morales. L’un des thèmes du livre qui m’a particulièrement plu est la notion de banalisation due aux progrès scientifiques. En rendant des choses possibles, dans le même mouvement la science les rend acceptable . Du coup, les lignes jaunes ne cessent de reculer.

C’est particulièrement vrai dans le domaine de la procréation médicalement assistée. Les possibilités de la science légitiment le désir d’enfant et le renforcent; mais plus la science est grande, plus la souffrance de ne pas avoir d’enfants est insupportable, on accepte de faire reculer les limites. Testart y voit une dérive de l’individualisme et de la société de consommation, et une source de malheur et de frustration. La conséquence personnelle qu’il en a tirée est l’arrêt de toute recherche dans le domaine.

Evidemment, on a ici un cas d’école. D’abord le domaine, la procréation médicalement assistée, rendue possible par les techniques développées par Testart lui-même. Ensuite, on retrouve toute cette notion de désir personnel et de réponse médicale, façon de banaliser l’acte lui-même derrière la technique et d’effacer les questions morales derrière la souffrance individuelle :

Notre groupe s’est retrouvé face à la détresse de couples pour lesquels il n’y a pas de réponse législative, a expliqué Alain Milon, l’autre rapporteur du texte. Alors que les réponses médicales existent

Ensuite, la ligne jaune franchie, il est nécessaire d’en tracer de nouvelles. Je vous laisse regarder les détails complexes, entre droit de rétractation, nécessité d’avoir un parent génétique, nécessité pour la mère porteuse d’avoir déjà eu un enfant, pour les parents de vivre en France depuis deux ans, etc …

J’avoue pour ma part être plutôt contre, et suis plutôt sur la même ligne que Sylviane Agacinski. Je crois être complètement d’accord avec ce qu’elle dit sur la marchandisation des corps et des problèmes causés par cette possible légalisation. Mais je voudrais compléter par quelques réflexions notamment à la lumière de ce que j’ai compris de Testart.

D’abord, force est de constater qu’à force de lois de notre nouveau gouvernement, la notion de parenté devient de plus en plus floue, mais ce qui me frappe est que même ici, la parenté est conçue avant tout comme génétique. Il faut que l’un des parents transmette ses gènes, comme il fallait que les enfants d’immigrés partagent une partie du patrimoine de leurs parents. Je ne sais pas si cela révèle quelque chose d’essentialiste sur le subsconscient de nos députés, mais cela me frappe. Si on ne partage pas le génome, on n’est pas un vrai parent ? La transmission, c’est d’abord et avant tout la transmission des gènes ?

Il y a donc deux visions du monde qui s’opposent, et on peut penser à des extensions légitimes de ce projet de mère porteuse :
– soit on pense que la transmission des gènes ne compte pas. Dans ce cas, je ne vois absolument pas pourquoi une mère porteuse ne pourrait pas porter un enfant complètement différent génétiquement de ses parents supposés. Il y aura forcément des cas où les deux parents seront stériles, et leur souffrance et frustration sera encore plus grande. Si la loi passe, je suis sûr que c’est la prochaine digue qui sautera. On aura alors une espèce de délocalisation complète de la reproduction : les gamètes d’autres dans le corps d’une autre. Si on peut choisir le corps de la mère, qu’est-ce qui empêchera ensuite de choisir les gènes de son enfant ?
– soit on pense que la transmission des gènes compte. La prochaine digue à sauter prendra quelques années, voire quelques décennies, mais elle est déjà très claire. Beaucoup de gens travaillent sur les cellules souches; je suis persuadé que d’ici peu on arrivera à différencier des cellules adultes en spermatozoides ou ovule. On pourra alors potentiellement utiliser ces gamètes pour « soigner » la stérilité. On peut même envisager du clonage pur et simple à terme.

Je ne sais pas quel monde je préfère, mais je suis à peu près sûr que ce que dit Testart sur la banalisation de la science est vrai, dans le sens que ce qui nous choque aujourd’hui ne nous choquera plus du tout demain. Ce qui est possible sera fait, je n’en doute pas. C’est pour cela qu’il faut toujours s’interroger sur le coup d’après dans ces domaines. Il y aura toujours un scientifique pour réaliser l’étape suivante, il y aura toujours un pays avec une culture plus libérale sur ces sujets pour légaliser ces techniques. Doit-on toujours les suivre ?La seule conclusion possible, c’est que c’est au contrôle démocratique de mettre des lignes jaunes, et de ne pas céder. Evidemment, on peut être pessimiste quand on voit que clairement ici l’initiative vient du pouvoir législatif, au nom du progrès et de la souffrance des couples, et je partage la mauvaise surprise de Koz.

Au final, il me semble que la légalisation des mères porteuse poserait plus de problèmes, éthiques et moraux, qu’elle n’en résoudrait, je pense être donc plutôt contre. Chers lecteurs, qu’en pensez-vous ?

PS : on peut se poser les mêmes questions sur l’utilisation des cellules souches dans la recherche et à but thérapeutique. J’y suis plutôt favorable; les problèmes éthiques me semblent être d’un ordre différent car complètement religieux. Dire qu’une blastula est l’équivalent moral d’un être humain est à mon avis de l’ordre de la foi. Rappelons que la recherche sur les cellules souches n’est autorisée que depuis quelques années en France, et de façon temporaire par la loi de bioéthique. Autrement dit, elle pourrait parfaitement être de nouveau interdite du jour au lendemain. On verra quelle sera la position du législateur sur le sujet.
PS 2 : je n’ai pas d’enfants mais compte en avoir, peut-être que je changerai d’opinion un jour. Mais si j’étais stérile, je crois que je préférerais adopter. Le parcours du combattant de l’adoption est-il plus terrible que celui de la procréation médicalement assistée ?

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tom.roud

14 Comments

  • « la légalisation des mères porteuse poserait plus de problèmes, éthiques et moraux, qu’elle n’en résoudrait » > à part le recul des lignes jaunes, tu n’expliques pas en quoi cela pose un problème éthique et moral…

  • C’est voulu, je laisse ça aux philosophes et Sylviane Agacinski expose ces problèmes mieux que moi. J’espère être complémentaire en rappelant les thèses de Testart.

  • deux liens qui peuvent t’intéresser:

    « D’une réponse claire, nette et carrée on est monté aujourd’hui à cinq types de filiations maternelles qui peuvent être dissociées. »
    http://jprosen.blog.lemonde.fr/2008/06/24/le-retour-des-ventres-a-louer-et-des-sorciers-de-la-vie-261/

    « Mais la contraception est aussi contemporaine de l’émergence d’une nouvelle « norme procréative » tout aussi exigeante pour les femmes. Toute naissance se doit d’être désirée et programmée, mais le droit de choisir le moment d’être mère s’accompagne en même temps de la lourde responsabilité de faire ce choix »
    http://giraudfrederique.over-blog.com/article-20478563.html

  • Ce qui me frappe, c’est surtout la mise en perspective de cette légalisation avec d’autres plus ou moins connexes comme :

    1) la difficulté de l’adoption. Une petite insémination et 9 mois d’attente, c’est beaucoup plus simple et finalement moins intrusif que des inspecteurs et assistants sociaux qui viennent chez vous voir si vous « pouvez » adopter, ou même seulement devenir famille d’accueil.

    2) la suppression de l’anonymat des donneurs de sperme. On pouvait retrouver le coup d’un soir de maman (souvent pour le faire passer à la caisse), maintenant on pourra retrouver le propriétaire onanique d’un contenu génétique que maman a payé à son gynéco.

    Ces éléments recoupent ceux de l’article et montrent que les gènes comptent de plus en plus dans une société où chacun à le droit » d’avoir la même chance que son voisin plutôt que « le devoir » d’assister l’orphelin ou l’enfant en difficulté. Les « problèmes éthiques et moraux » sont fondamentalement là, mais il faudrait éduquer les gens, et c’est plus compliqué que de leur planter une seringue…

    Bienvenue à Gattaca.

  • « Le parcours du combattant de l’adoption est-il plus terrible que celui de la procréation médicalement assistée ? »

    Oui et beaucoup plus long aussi

  • @ tous : merci pour vos commentaires. Peut-être est-ce le lot du progrès technique, mais mon sentiment est qu’on aurait besoin de philosophie, de réflexion sur la place de l’homme, sur la notion de transmission, … pour avancer sur ce sujet. Je suis complètement perdu dans ces nouvelles filiations, qui semblent contradictoires.

    L’éducation, dont parle Dr Goulu, me paraît bien difficile à généraliser (sans compter que je ne sais même pas ce qu’on devrait enseigner). Notre science progresse plus vite que notre morale, mais j’ai l’impression que le vrai problème, c’est qu’on ne s’en rend même pas compte.

    @ tw : merci pour cette précision…

  • Il y a effectivement très peu de réactions aussi bien dans la sphère publique que politique par comparaison avec ce que l’on observe pour d’autres thèmes d’actualité qui sont nettement plus médiatisés et relayés.
    Mais ce billet, même sous sa forme interrogative, et il est d’évidence plus pertinent d’ouvrir les questions que de se draper de certitudes, ce billet est tellement interpellant que je n’ai pas hésiter à y faire une réponse à ma façon sur mon blog.
    http://science-winks.over-blog.com/article-21067430.html

  • Lisez les blogs qui parlent de procréation médicalement assistée, les témoignages d’hommes et de femmes (surtout) qui ne parviennent pas à avoir d’enfants . On y trouve matière à réflexion.

    Lisez (relisez) Henri Atlan . Là encore , beaucoup de matière stimulante .

    Et ne laissons pas les seuls philosophes décider pour nous. Même s’ils nous éclairent utilement, chacun a droit à donner son avis et à contribuer à batir la société que nous voulons pour demain.

  • @ bobinette : auriez-vous quelques liens à me suggérer ?
    Sinon, attention, je ne suis pas du tout contre la PMA. Les problèmes posés par les mères porteuses me semblent être d’un autre ordre.

  • Derrière l’altruisme affiché et le prétendu progrès se cache une forte régression.

    Certain(e)s sont lucides :
    Clémentine Autain, fondatrice de Mix-Cité évoque : « Un enfant, si je veux, quand je veux », disaient les féministes dans les années 1970 pour réclamer le droit à l’avortement. Avaient-elles anticipé un tel retour de bâton ? Elles qui voulaient libérer notre utérus de l’obligation de procréer… Revoilà notre organe assigné à de nouvelles formes de productivité… « Belle générosité que de se coltiner neuf mois de grossesse pour faire plaisir à un couple, pas toujours connu qui plus est. Un altruisme étonnant, sur lequel il est permis de s’interroger. »
    Voir la suite sur :
    http://clementineautain.fr/

    et des féministes moins bourgeoises qu’Elisabeth Badinter :
    ‘Les femmes ne sont pas des utérus sur pattes : Vous avez dû entendre parler de cette possible nouvelle utilisation du corps des femmes. Eh oui, c’est comme ça quand on ne peut pas faire autrement, on gomme l’aspect exploitation de l’humain pour se dire qu’on avance. ‘
    http://insoumiz.canalblog.com/

    Et au Royaume-uni, là où la loi interdit officiellement la marchandisation, les mères porteuses sont fréquemment des femmes … noires (avec ou sans papier?) :
    « APA – London (United Kingdom) The number of ’black women’ who are giving birth to white babies, has been on the rise with the increasing number of ’infertile couples choosing cross racial surrogacy across Europe, a new study reveals.
    He noted that surrogacy has become a booming business as some couples pay up between £100,000 to £150,000, including additional £25,000 for the surrogate to carry the child.
    « But these days, with the high cost of surrogacy in the UK, he quickily added, « many couples in need are turning to India and the US where costs are cheaper and system are less restricted and more trasparent ».
    http://www.apanews.net/apa.php?page=show_article&id_article=58809

  • C’est assez étrange qu’on justifie cette utilisation du corps de la femme en insistant sur le fait que celle-ci est LIBRE de l’usage de son corps et que cette liberté est une grande conquête féminine !

  • Pour le moment, le corps des femmes n’est pas à vendre…
    … mais ça ne va pas tarder.
    Comment appelle-t’on une femme qui fait commerce de son corps ?
    Selon vos habitudes de langage, vous répondrez : une prostituée, une courtisane ou une putain. C’est un peu réducteur. Vous avez négligé le dernier commerce à la mode : mère porteuse.
    C’est tellement « tendance » que nos élus, qui sont décidément des stakhanovistes dans l’art de légiférer, vont se précipiter pour lui consacrer une loi.
    – Chacun peut le constater, c’est l’actualité qui fait la loi au … législateur.
    Il y a eu les pédophiles, puis les chiens mordeurs, puis les criminels récidivistes… A chaque fois, une nouvelle loi. Bientôt, avec le Dalloz, il faudra acheter une brouette, pour le transporter.
    Dernièrement, un couple a connu les honneurs de la presse parce qu’ils avaient réussi à obtenir d’un tribunal la qualité de parents pour des jumeaux qu’ils tenaient d’une mère porteuse recrutée à l’étranger. Donc on va légiférer, à nouveau… avec une particularité : cette fois, il ne serait pas question de durcir la loi mais de l’assouplir.
    Le législateur porté par les vents dominants est plein d’attention pour la détresse des couples stériles.
    La gestation mercenaire serait pour eux une planche de salut .
    Voyons de plus près.
    Pourquoi ne se tournent-ils pas vers l’adoption ?
    – On manque d’enfants adoptables, c’est leur première explication. En réalité, ils ne veulent pas d’un enfant du hasard ils veulent être génétiquement ses parents et la procréation assistée leur offre aujourd’hui la possibilité de concrétiser leur rêve.
    Encore faut-il trouver un ventre où leurs gènes pourront se développer.
    On fait semblant d’imaginer que l’accueil de leur embryon pourrait être un cadeau. Une femme offrirait l’abri de son utérus par pur altruisme, pour offrir à d’autres le bonheur d’avoir des enfants. Le prêt de son ventre serait affaire de générosité, comme le don d’un rein ou d’un lobe de foie.
    Toutes les femmes qui ont eu des enfants savent que c’est une autre réalité. Les rapports affectifs que nous entretenons avec notre foie et nos reins sont des plus limités dans l’amour comme dans la haine, alors qu’un enfant, c’est un être vivant, il bouge dans ce ventre acheté. Il dépend d’une femme pour exister mais il en est différent et celle qui le porte n’est jamais neutre envers lui. Il est difficile d’imaginer qu’on puisse prêter son utérus comme on fait un don du sang. On pourrait, avec beaucoup de « peut-être », l’envisager entre deux femmes très proches, mère et fille ou deux soeurs, mais serait-ce souhaitable ?
    Les familles sont déjà les principaux fournisseurs des psychanalystes ; une fonction maternelle éclatée entre plusieurs femmes ne faciliterait pas la construction de la personnalité et n’améliorerait pas l’ambiance.
    En réalité, pas de faux-semblants ni d’hypocrisie, le seul argument décisif sera l’argent ; rien d’étonnant à cela, c’est l’économie de marché, on peut vendre tout ce qui nous appartient.
    Le problème n’est résolu qu’en apparence, voilà d’autres questions qui se profilent.
    Qui dispose du corps de la femme ? Pourquoi la gestation mercenaire serait-elle à l’abri des trafiquants ?
    Pas de doute, les proxénètes qui vivent de la prostitution n’auront aucun scrupule à investir ce nouveau marché. Qu’on n’ergote pas sur le prétendu consentement de la femme. Les travailleurs sociaux qui cherchent à sortir les prostituées du trottoir savent à quel point il est difficile de les amener à dénoncer la contrainte et la violence dont elles sont victimes.
    En supposant que la femme ne soit pas victime d’un réseau de traite, il lui reste toujours l’action très persuasive de la misère. Des candidats à la parentalité engrosseraient une femme pauvre avec bonne conscience, assurés de l’avoir aidée à se nourrir, elle et ses enfants. Déjà, en Inde, des mères de famille exhibent un ventre occupé par un « locataire » ; elles avouent qu’elles n’ont pas trouvé d’autres solutions pour élever leur propre famille.
    Puisque la position riches exploiteurs d’une femme pauvre ne les gêne pas, il leur reste à envisager quelques interrogations pratiques.
    Pour être certains que leurs gènes ne souffrent d’aucune concurrence, vont-ils enfermer dans un couvent la candidate à la grossesse, ou sont-ils disposés à l’adoption d’un enfant naturel de leur gestante ? Dans ce cas, ils pourraient s’adresser à des réseaux, vieux comme la stérilité, qui paient des mères pour qu’elles abandonnent des enfants qu’ils vendent pour adoption à leurs clients.
    Nul besoin, donc, de la PMA, on retourne à la case-départ de l’adoption…mais, puisqu’on vous dit qu’ils n’en veulent pas ! Ils veulent un produit de leurs gênes.
    C’est qu’ils commenceraient à nous agacer avec leurs gènes !
    On a connu « pour de vrai » une expérience de reproduction génétiquement contrôlée. C’étaient les lebensborn : les nazis avaient organisé de véritables haras humains pour accoupler de beaux Aryens avec de belles Aryennes. Le résultat n’a pas été supérieur à la moyenne ; il a bien fallu reconnaître que l’affection et l’éducation comptent plus que l’hérédité dans la construction des enfants .
    Si aucun de ces obstacles ne les a convaincus, il nous reste à poser aux futurs parents la question du SAV.
    Normal, quand on achète un produit, le vendeur doit assurer une garantie.
    Les risques sont-ils couverts ?
    Que se passera-t’il si la mère porteuse ne veut pas donner l’enfant ?
    Et si le produit est défectueux, handicapé, d’un sexe non désiré ?
    Et si l’accouchement se passe mal, causant la mort de la femme (c’est de plus en plus rare, mais le risque-zéro n’existe pas), qui assumera la prise en charge de ses ayant-droits ? Par qui seront-ils indemnisés ?
    On imagine déjà, assureurs et avocats se frottant les mains.
    Les sujets de litiges sont bien assez nombreux. Connaissant les travers de l’économie de marché appliquée aux choses de la vie, il serait grand temps de ne pas se précipiter dans la marchandisation du corps humain.
    par Jacqueline Simon Tipanda publié dans : l’air du temps

  • Merci pour cette intervention qui, hors de toute considération éthique, résume bien le fond du probleme : une histoire d’argent. Au demeurant, souhaitons-nous une société dans laquelle la liberté d’assouvir le désir d’un couple qui en a les moyens (d’enfant, de robe neuve ou de voiture de sport qu’importe) a plus de valeur que la dignité d’une femme contrainte à vendre son corps. En quoi est-ce plus moral de le vendre pour assouvir un désir d’enfant qu’un désir sexuel ?
    Et le rôle du législateur n’est-il pas de protéger le faible contre le fort ?

  • Si le législateur protégeait le faible contre le fort, ça se saurait !
    Hélas, nous voyons tous les jours des preuves du contraire. C’est pourquoi il est important de rendre majoritaire ce souci de protection. Les politiques et les puissants ne sont réellement sensibles qu’à l’avis de la majorité qui peut les détrôner.

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