Sauvons La Recherche

Je répercute deux liens en rapport avec la recherche et l’université :

  • Via un très bon blog axé sur la biologie du développement que je découvre ces jours-ci, missingcluster, j’apprends que SLR a réalisé un film. Je souscris à pas mal de choses, surtout (empathie de post-doc) aux propos d’Eric Herbert, ainsi qu’aux commentaires de Ferdinand, l’auteur du blog.
  • SLR lance un appel pour une autre réforme du service public d’enseignement supérieur et de recherche, que je répercute et ai signé avec plaisir. Je souscris notamment :
    • au flou sur les futures structures et au fait que derrière l’autonomie, on organise la centralisation de la politique de recherche via l’ANR et une « précarisation » de l’emploi scientifique fort mal venue alors que d’un côté on manque plutôt de bras et que de l’autre les docteurs ne sont toujours pas reconnus à leur juste valeur sur le marché de l’emploi
    • aux problèmes des contre-pouvoirs,
    • à la réduction indispensable des charges d’enseignement des Maîtres de Conférences,
    • à la disproportion des moyens alloués par l’Etat entre Prépas, Grandes Ecoles d’un côté … et université de l’autre,
    • enfin à la demande de clarification des objectifs à long terme. Rien n’est pire que l’incertitude pour « l’attractivité » de la recherche.

9 réflexions au sujet de « Sauvons La Recherche »

  1. Franchement, dire face caméra et sans ciller (comme le fait Eric Herbert) qu’il y a avait l’année dernière (ou l’année d’avant) un seul poste en Physique de la Matière Condensée dans toute la France, c’est vraiment se foutre de la gueule du monde…

  2. j’ai moi aussi tiqué, mais il parle des postes LE concernant cette année. Et là , ça dépend de pas mal de choses : il est peut-être dans une niche peu développée en France – je sais ce que c’est. Après, il y a toujours les profils très généraux, mais c’est une autre histoire (genre au CNRS 5 postes pour toute la physique théorique…).
    Pour avoir passé les concours deux fois, je pense comprendre un peu son sentiment : sur les postes généraux, certains profils n’ont aucune chance, et après tu peux avoir pénurie des postes plus spécialisés.

  3. Mouais, enfin rien qu’au CNRS, la physique de la matière condensée, c’est les sections 5 et 6. Il devait y avoir entre 10 et 20 postes de CR2 non fléchés dans ces sections. Si j’ajoute à ça les postes de maîtres de conf (généralement il y a 4 à 5 fois plus de poste de mcf), c’est quand même sacrément malhonnête de présenter les choses comme ça. C’est sûr que si il ne considère que les postes correspondant parfaitement à ce qu’il a fait en thèse, 1 poste c’est déjà énorme et il aurait du l’avoir 😉 Si tu bosses sur un sujet-niche c’est vrai que ça peut vite être tendu car la France est un petit pays (enfin comparé aux US) mais normalement avec un post doc dans un autre domaine, tu trouves quand même plus d’un poste sur lequel tu peux postuler…

  4. D’abord, c’est plutôt 10 ou 15 que 20 entre la section 05 et 06 (je crois qu’il y avait 8 postes en 05 l’an dernier, je ne sais pas pour la 6). Ensuite, chacun a sa sous-section favorite où il faut avoir des appuis, donc on ne peut pas vraiment ajouter les sections comme ça. Enfin, comme les profils sont hyper généraux, quand il y a 6 postes au concours, les gens répartissent sur le mode « un poste pour la sous-branche théorique X, un poste pour la sous-branche expérimentale Y, un poste pour le labo Z qui n’a pas eu d’entrants depuis longtemps » etc… Donc dès que tu es un peu border line, que ta discipline n’est pas trop représentée ou que ton labo n’est pas en odeur de sainteté, tu l’as dans l’os.
    Pour les postes MdC, il y a deux cas :
    – soit le poste est très flêché, dans ce cas, il doit effectivement y avoir à tout casser un ou deux postes sur ton profil en France
    – soit le poste est assez général (par crainte du manque de candidats). Dans ce cas, il y a le même genre d’effets collectifs au CNRS : une année on sert tel groupe, une année telle autre, une année une discipline. Mais là encore, les choses font que ce n’est pas aussi ouvert qu’il n’y paraît (et encore, là on parle de ce qui devrait se passer « normalement »).

  5. Je connais bien tout ça Tom, je suis dans le même galère que toi. Je ne dis pas que c’est facile d’avoir un poste ni que le mode de recrutement est parfait (il y aurait d’ailleurs bcp à dire la dessus et je n’entend jamais SLR faire la moindre proposition/critique à ce sujet), je dis juste que la phrase d’Eric Herbert est malhonnête (« je travaille dans la physique de la matière condensée, domaine large de la physique et il n’y avait qu’un seul poste me concernant cette année »). Cela s’appelle mentir pour mieux faire passer son message et ce n’est pas très digne pour quelqu’un qui se prétend scientifique. Plus généralement, ce que je reproche à SLR c’est de toujours mettre l’accent sur le nombre de postes alors qu’à mon avis ce n’est pas le fond du problème de la recherche en France… mais c’est un autre débat.

  6. Sur les moyens, il y a quand meme une certaine hypocrisie a faire la comparaison avec des universites americaines qui justement peuvent se permettre des financements consequents grace en partie aux fonds prives.

    Perso, avec SLR, j’ai l’impression que l’on rentre a nouveau dans un scheme ultra binaire entre d’un cote une classe politique et meme dirigeante dans son ensemble qui ne comprend absolument rien a la recherche, et de l’autre SLR et cie, qui ne me paraissent pas tres credibles.

  7. @ david et Matthieu : il me semble que le texte de l’appel contient des propositions. Par exemple, ce n’est pas juste une question de moyens, mais aussi de façon dont ils sont alloués : je suis d’accord pour allouer par exemple une partie des crédits hors ANR, pour que plus de moyens soient attribués à l’université, pour que les charges d’enseignement des MdC soient diminués. Ce sont des points simples et martelés depuis plusieurs années, mais ce sont des points qui me semble cruciaux : qui d’autre que SLR a aujourd’hui la force médiatique et l’impact pour revendiquer là dessus ? On peut reprocher des tas de trucs à SLR, mais ce sont les seuls à se bouger un peu pour défendre la recherche dans le pays (sans SLR, que se serait-il passé en 2003-2004, lorsque les moyens alloués ont chuté tout d’un coup ?).

    Pour revenir sur le débat sur le financement (public/privé), de toutes façons, c’est le contribuable/consommateur qui paie; le véritable choix de société est de savoir dans quelle mesure c’est via l’impôt ou via un pourcentage du prix du yaourt couplé à la bonne volonté des entreprises. Je ne vois donc pas pourquoi le fait que le CNRS n’ait pas de financement privé interdirait toute comparaison avec des organismes recevant des fonds privés, puisque c’est juste le reflet d’un choix de société différent pour financer le même boulot. C’est comme quand on compare le PIB de chaque pays consacré à la recherche : aux US il y a une large part d’origine privée, devrait-on l’exclure pour comparer les US à la France ? De toutes façons, la comparaison est un peu bizarre car le CNRS ne fournit pas d’enseignement par exemple, mais je crois que le but était surtout de montrer la disproportion de moyens dispoinbles avec un chiffre assez frappant.

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