Science : Le lévrier et le sprinteur

Un article très amusant vient de paraître dans Nature, de deux biomécaniciens Usherwood et Wilson. Je n’y connais rien à la biomécanique, mais l’article est suffisamment simple pour être lisible par un physicien lambda (je me demande même si je ne le convertirai pas un jour en exercice pour étudiants…). Ces deux chercheurs sont manifestement des fans d’athlétisme, puisqu’ils mettent en réference un lien pointant sur les résultats du 200m du championnat du monde indoor 2004. Le résutat de cette finale est assez amusant : le classement est à l’opposé des numéros des couloirs (i.e. le dernier était à la corde, dans le couloir 1, l’avant-dernier, dans le couloir 2, … et le premier à l’extérieur !). En fait, comme le savent les nombreux sprinters(euses) lisant régulièrement ce blog, il est très difficile de maintenir sa vitesse dans les virages. Si j’ai bien compris, c’est dû à ce qu’on appelle dans le langage courant la « force « centrifuge » : en fait, les sprinteurs se penchent dans les virages pour tourner, et du coup ressentent une partie de la force centrifuge dans les jambes. Autrement dit, un sprinteur qui tourne a le sentiment d’être plus lourd, et donc court moins vite (ce qui se traduit concrètement par un contact pied-sol plus long). Les deux chercheurs ont constaté que ce n’était pas le cas des lévriers, en étudiant des films de course (il y en a deux sur le site de Nature, on voit même le faux lapin !). La différence entre un sprinteur et un chien est que l’homme utilise ses jambes à la fois pour se propulser et pour soutenir son poids. Si le poids « effectif » est plus important, à travail constant, la vitesse ralentit naturellement. Le lévrier, au contraire, utilise la rotation de ses hanches et allonge son dos pour se propulser : les pattes jouent uniquement le rôle de super-amortisseurs (un peu comme des ressorts). La partie propulsive est donc découplée de la partie amortissement, ce qui explique que les chiens peuvent garder leur vitesse dans les virages. Amusant, non ? Heureusement, l’homme n’est pas en reste puisqu’il a lui aussi inventé une machine permettant de découpler en partie le mécanisme de propulsion de celui de l’amortissement : il s’agit bien sûr du vélo !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *