Lecture : Merlin

J’ai récemment fini de lire le tome suivant du livre du Graal, qui nous compte la conception et la vie de Merlin jusqu’à l’avènement du roi Arthur. Ce livre est très intéressant et très instructif. Après le triomphe de Jésus (qui est allé jusqu’à sortir Adam et Eve des enfers selon la tradition de l’époque), le Malin souhaite concevoir un prophète des Enfers, pendant maléfique du Christ. Il s’acharne alors sur une famille et prend littéralement la vertu d’une pauvre jeune fille un soir où celle-ci est affaiblie. De cette union naît Merlin. Celui-ci, comme les démons, possède la connaissance du passé et un certain nombre de pouvoirs occultes. Le narrateur nous explique alors que Dieu donne la connaissance du futur à l’enfant, le laissant choisir sa propre destinée. Merlin choisit alors évidemment la chrétienté.

Le roman est beaucoup plus amusant et plus prenant que Joseph d’Arimathie. Merlin est un personnage bien plus sympathique que les bigots du roman précédent : s’il est assimilé à un nouveau Christ, il a un côté païen évident et trempe parfois dans de biens mauvais coups (par exemple dans la conception du roi Arthur). On apprend également l’origine de la Table Ronde, qui forme une nouvelle trinité avec la Cène et la table de Joseph d’Arimathie. Pour continuer sur mes commentaires de la religion à l’époque, j’ai appris en lisant les notes que Merlin était un roman antérieur à Joseph d’Arimathie. Peut-être est-ce une question de style de l’auteur, mais je trouve cela assez édifiant lorsque l’on compare le statut de la religion et des femmes. Le caractère fondamentaliste (au sens moderne) de Joseph par rapport à Merlin est évident : on sent l’influence (postérieure donc) d’un chistianisme culpabilisateur et épuré, qui n’est présent que sous formes de traces dans Merlin. Cela pose pas mal de questions à mon sens sur les évolutions historiques des religions. D’une certaine manière, la pratique du christianisme semble s’être radicalisée à cette époque alors même qu’il avait en quelque sorte bataille gagnée et supplantait les traditions païennes antérieures. A l’ouverture de notre siècle prétendûment « spirituel », c’est assez inquiétant, non ?

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